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Cher lecteur,

Vous avez certainement entendu parler, dans les médias, des millions de documents liés à l’affaire Epstein qui ont été rendus publics par la justice américaine.

Cela fait du bruit, enfin… surtout sur les réseaux sociaux. Beaucoup moins dans les médias dits « grand public », qui semblent traiter le sujet avec « prudence », comme si révéler la vérité sur la collusion entre politiques et intérêts privés pouvait provoquer une onde de choc trop importante pour être gérée.

Dans les jours qui ont suivi la publication de ces documents – très relayée sur le réseau social X (anciennement Twitter) – une perquisition a eu lieu dans les locaux français de la plateforme, accompagnée de la convocation d’Elon Musk par la justice française. Cette perquisition s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Paris concernant notamment de possibles manipulations algorithmiques au sein de la plateforme.

Je ne vais pas m’attarder sur les discussions parfois écœurantes et franchement immorales que l’on peut lire dans les documents du dossier Epstein. Des propos scandaleux : violences sexuelles présumées, sentiment d’impunité, et, toujours en filigrane, un mépris total pour le petit citoyen, celui qui subit les règles sans bénéficier ni de réseaux ni de protections.

Ce qui doit surtout nous intéresser, et que nous souhaitons partager avec vous à propos de ces e-mails d’Epstein – que vous pouvez d’ailleurs consulter librement en cliquant ici – c’est la porosité évidente entre les financiers et le pouvoir politique. Un lobbying intense, des échanges constants entre responsables politiques et financiers capables de transformer n’importe quelle information en avantage stratégique.

Et derrière tout cela, on voit apparaître des noms de politiques français connus : Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron, Dominique Strauss Kahn, Bruno Le Maire, Marine Le Pen, Jack Lang, Cédric Villani…

Des personnes qui ne devraient avoir aucun lien, de près ou de loin, avec un financier qui ne fait que pousser ses intérêts, et qui avait déjà été condamné à cette époque pour délinquance sexuelle sur mineure.

Deux exemples pris au hasard, en effectuant quelques recherches sur le site Internet du ministère de la Justice américain :

– en 2011, Jeffrey Epstein indique dans un e-mail avoir été convié à un dîner organisé par Nicolas Sarkozy : https://www.justice.gov/epstein/files/DataSet%209/EFTA00905597.pdf ;
– en 2018, Epstein indique dans un e-mail adressé à Cédric Villani que Bruno Le Maire est passé dans sa maison de New York et qu’il souhaite l’inviter dans son appartement à Paris : https://www.justice.gov/epstein/files/DataSet%209/EFTA01058473.pdf .

À cette époque, Bruno Le Maire était ministre de l’Économie. Pourquoi l’inviter chez lui ?

La presse écrite s’attarde actuellement sur le cas de Jack Lang et de sa fille, évoquant leurs relations régulières avec Jeffrey Epstein ainsi que des échanges de services entre les différentes parties. On apprend qu’Epstein a créé un trust dans les îles Vierges américaines, sur lequel il a déposé 1,4 M$. Caroline Lang détient 50 % des parts et a indiqué cette semaine avoir omis de le déclarer au fisc. Selon ses dernières déclarations, cette structure aurait pour vocation d’investir dans de jeunes artistes français et internationaux afin de les soutenir.

Plus surprenant encore, Epstein a rédigé un testament deux jours avant son décès, dans lequel il lègue 5 M$ à la fille de Jack Lang.

Ce mélange de pouvoir et d’influence est profondément révoltant et ne fait que confirmer ce que beaucoup de Français pressentent depuis longtemps : chez nos politiques, la frontière entre intérêt général et intérêts privés est devenue extrêmement floue.

On espère que d’autres documents seront publiés par le ministère de la Justice américain et que des journalistes d’investigation mèneront l’enquête sur d’éventuels conflits d’intérêts entre politiques français et acteurs du secteur privé.

De mon côté, je n’ai ni le rôle, ni les ressources pour relier tous les points. Surtout que beaucoup de documents sont censurés, avec des noms masqués et des parties manquantes.

J’en parlais encore en réunion de direction mercredi après-midi : « Il faudrait que nous soyons une armée de journalistes pour investiguer. »

Nos abonnés savent que la corruption existe. Elle est ancrée dans les habitudes de bon nombre de nos congénères depuis des milliers d’années…

Et après tout, si vous lisez les Publications Agora, c’est pour anticiper l’avenir et non commenter le passé.

Toutefois, si l’affaire Epstein venait à prouver que des politiques ont pris des décisions ayant causé à la France des pertes de plusieurs milliards au bénéfice d’intérêts privés et/ou personnels, nous ne manquerons pas de vous en informer. Pourquoi ? Parce que cela vous permettra d’avoir un maximum d’informations avant de mettre votre bulletin de vote dans l’urne en mai 2027.

Pas de précipitation à ce stade… mais nous gardons les yeux bien ouverts.

De votre côté, si l’envie vous prend d’investiguer, c’est par ici : https://www.justice.gov/epstein

Ionès Jaoulane
Directeur des Investissements aux Publications Agora

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