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Chaque automne, le même scénario se rejoue à l’Assemblée nationale : un gouvernement sans majorité absolue tente de faire adopter un budget censé réduire un déficit public attendu à 5,4 % du PIB en 2026, face à un Parlement fragmenté où aucun bloc ne dispose seul des voix nécessaires.

Le budget 2027 ne déroge pas à la règle. Les arbitrages tournent toujours autour des mêmes lignes de fracture : faut-il réduire les dépenses publiques (fonction publique, collectivités, prestations sociales) ou augmenter les recettes (fiscalité du capital, des sociétés, des hauts revenus) ? Faut-il préserver certains dispositifs, même coûteux, pour des raisons électorales, à quelques mois de la présidentielle de 2027 ?

Ce contexte de fragilité parlementaire n’est pas une simple curiosité politique : c’est un facteur explicitement cité par les agences de notation dans leurs décisions récentes. Moody’s, dans son analyse d’avril 2026, évoquait expressément la « fragmentation du paysage politique français » comme un frein à toute mesure vigoureuse de réduction du déficit. Un budget adopté dans l’urgence, vidé de ses mesures d’économie les plus contestées ou reporté via une loi spéciale, serait lu par les marchés comme un nouveau signal d’incapacité à réformer, avec, à la clé, un risque de nouvelle dégradation de la note.

Pour le lecteur, l’essentiel n’est pas de suivre heure par heure les péripéties parlementaires, mais de repérer les mesures fiscales concrètes qui émergent des négociations. C’est souvent là, dans les amendements adoptés en catimini, que se dessinent les hausses d’impôts réelles de l’année suivante.

Pour replacer ce débat dans son contexte, lisez aussi La rentrée sera chaude et notre dossier Faillite de la France.

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