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Quand l’écart de taux d’emprunt à 10 ans (le spread) France/Allemagne est proche des 80 points de base et que les taux français remontent, la question de la diversification en devises n’est plus réservée aux ultra-riches. C’est une question de bon sens patrimonial.

Cher lecteur,

Voici une question que personne ne vous pose jamais chez votre banquier : quelle part de votre patrimoine est libellée en euros ? La réponse, pour l’immense majorité des Français, est : la quasi-totalité. Compte courant, livrets, assurance-vie, SCPI, résidence principale. Tout est en euros.

Et si l’euro se dépréciait structurellement ? Si la pression sur les finances françaises se traduisait par une érosion de la monnaie dans laquelle vous avez tout mis ?

Ce scénario n’est pas fantaisiste. L’histoire monétaire européenne en a connu plusieurs variantes. Et en cette rentrée 2026, avec un spread France/Allemagne qui a quadruplé depuis la dissolution de juin 2024 (de 20 à 83 points de base), les marchés envoient un signal que les épargnants français devraient entendre.

Ce que le FMI mesure : les Droits de tirage spéciaux

Il existe un étalon monétaire que le grand public connaît mal : les Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI. Ce panier de devises représente ce que les institutions monétaires internationales considèrent comme les monnaies les plus solides et les plus utilisées dans le commerce mondial. Sa composition depuis août 2022 est la suivante : dollar américain à 43,38 %, euro à 29,31 %, yuan chinois à 12,28 %, yen japonais à 7,59 %, livre sterling à 7,44 %.

Ce panier est intéressant pour une raison précise : il représente une diversification que les institutions les plus prudentes du monde ont construite sur des décennies. Les banques centrales de ces mêmes zones détiennent par ailleurs l’essentiel des réserves mondiales d’or – environ 25 000 tonnes sur un total de 36 200 tonnes. Ce n’est pas un hasard. La solidité d’une devise se mesure aussi aux actifs réels qui la soutiennent.

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Diversifier en devises : ce n’est pas de la spéculation

Détenir une partie de son épargne dans des devises autres que l’euro, c’est faire ce que les banques centrales font depuis toujours : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier monétaire. Ce n’est pas parier contre l’euro. C’est reconnaître que personne ne peut garantir la stabilité d’une monnaie adossée à des Etats surendettés sur le long terme.

La diversification en devises peut prendre plusieurs formes (comptes en devises, obligations libellées en devises étrangères, actions internationales non couvertes contre le risque de change, actifs réels dans des zones géographiques distinctes). Chacune a ses avantages, ses contraintes fiscales et ses niveaux de complexité. Le rapport que nous avons préparé pour les abonnés à La Lettre des Affranchis présente les options concrètes, leurs modalités pratiques et la pondération que nous recommandons.

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Ionès Jaoulane

 

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