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Cher lecteur,

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Une adoption triomphale… sur le papier.

Le déficit prévu reste massif : 19,4 milliards d’euros contre 23 milliards en 2025. La suspension de la réforme des retraites est confirmée. Un coût estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027. On est dans le reculer pour mieux sauter tomber.

Quand il s’agit de calmer l’opposition et de séduire une partie de l’opinion publique, le gouvernement trouve des milliards. Mais la facture pour ce dossier des retraites sera salée, et c’est nous qui la paierons.

Eh oui, rien n’est gratuit…

1975 versus 2025

Le constat sur notre système des retraites est brutal, mais implacable. Si l’on ne travaille pas plus longtemps, ce système est condamné.

J’ai retrouvé la fiche de paie d’un membre de ma famille datant de 1975.

  • Cotisations salariales : 8,67 % en 1975 → 22 % en 2025.
  • Âge légal de départ à la retraite : 65 ans en 1975 → 62 ans en 2025.
  • Espérance de vie moyenne : 73 ans en 1975 → 83 ans en 2025.

On vit plus longtemps, on cotise plus, et le système reste figé et déficitaire. On ponctionne les actifs pour un système qui manque cruellement de cotisants. Ceux qui refusent de voir la réalité ferment tout simplement les yeux.

Revenons-en au budget de la Sécu 2026.

Le gouvernement a recours à la même stratégie : augmenter les recettes plutôt que de réformer et revoir en profondeur la structure de ses dépenses. Deux mesures ont particulièrement retenu mon attention.

1/ Hausse de la CSG sur le capital

Elle passera de 9,2 % à 10,6 % sur tous les revenus issus des placements et du patrimoine (les contrats d’assurance vie, les plans d’épargne logement et les revenus fonciers ou les plus-values immobilières ne sont pas concernés par cette hausse).

Résultat : environ 1,5 milliard d’euros supplémentaires pour l’État.

2/ Taxe sur les mutuelles

Une surtaxe exceptionnelle d’environ 1 milliard d’euros est imposée aux complémentaires santé.

Officiellement, elle ne sera pas répercutée sur les assurés. Mais les mutuelles finiront par leur faire porter le poids de cette hausse, soit par des cotisations plus élevées, soit par une réduction de la couverture. C’est donc le citoyen qui paiera, directement ou indirectement.

On reste dans la même logique : taxer davantage en espérant dépenser moins que prévu, avec des mesures purement cosmétiques.

Nous attendons désormais avec impatience le vote du projet de loi de finances 2026, qui devrait s’accompagner de son lot de surprises et de nouvelles mesures fiscales.

Une pause de fin d’année… mais pas totale

Les fêtes approchent, et c’est l’occasion de souffler et de profiter de ses proches. Enfin, souffler… pas vraiment.

Il faudra aussi préparer ses réponses aux incontournables questions familiales du traditionnel quart d’heure politique du repas. Il est probable que cette année, on me pose la question suivante : « Mais que faut-il faire pour redresser ce pays ? »

J’ai préparé ma réponse, qui risque de décevoir mes proches, mais au moins… elle sera honnête. Si vous souhaitez couper court aux débats interminables, n’hésitez pas à vous en inspirer !

« Pour redresser la France, il faudrait déjà que ses dirigeants puissent récupérer un pouvoir décisionnel qu’ils ont délégué à l’Union européenne. Aujourd’hui, la France n’est plus maîtresse de son destin. L’Europe impose des règles et des normes à n’en plus finir, et ferme les yeux sur les déséquilibres qui pénalisent notre pays.

Chaque État européen fixe ses propres règles sociales et fiscales : salaires, droit du travail, fiscalité, charges… et personne ne freine cette concurrence déloyale entre pays de l’UE. Résultat : les entreprises françaises sont désavantagées, nos emplois disparaissent, notre industrie s’érode, pendant que d’autres pays en profitent.

Le modèle social français est généreux, mais coûteux. Nos prélèvements obligatoires sont les plus élevés d’Europe et notre coût du travail est largement supérieur à celui de nombreux pays européens. Dans un marché censé être commun, la France joue avec plusieurs boulets aux pieds.

En dehors de cette concurrence déloyale, l’Union européenne défend mal les intérêts des pays qu’elle représente.

Le dernier exemple en date, ce sont les accords commerciaux soi-disant négociés par la Commission européenne avec les États-Unis :

  • nos vins, spiritueux et voitures se voient imposer 15 % de droits de douane à l’entrée du marché américain ;
  • les produits américains entrent, quant à eux, librement sur le marché européen.

Cherchez l’erreur…

Pendant ce temps, l’Union européenne finance l’industrie de l’armement américaine pour soutenir l’Ukraine, finance l’industrie de l’énergie américaine depuis le sabotage des gazoducs Nord Stream, et voit ses investissements futurs quitter l’Europe pour les États-Unis. Nos usines ferment, nos emplois disparaissent, nos agriculteurs suffoquent, et notre dépendance énergétique augmente.

Peu importe qui sera élu en 2027, sa marge de manœuvre sera extrêmement limitée. Les décisions économiques majeures se prennent ailleurs, là où le citoyen n’a pratiquement pas voix au chapitre.

La France n’est pas en difficulté par manque de talent. Elle est enfermée dans un système où les règles sont imposées et où les déséquilibres entre pays du même ‘Club’ ne sont jamais corrigés. Et comme toujours, ce sont les citoyens qui en paient le prix : via leurs emplois, leur pouvoir d’achat et leur avenir. »

On se retrouve vendredi prochain à 15 heures pour une chronique courte et digeste !

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