Cher lecteur,
Il y a quelques semaines, le hasard a mis sur ma route un membre de l’équipe dirigeante d’un des trois grands partis politiques susceptibles de remporter la présidentielle de 2027.
Nous ne nous connaissions pas. C’était une rencontre fortuite, par le biais d’une connaissance commune. La conversation fut brève, courtoise… mais révélatrice.
Je lui ai fait part de mes inquiétudes sur l’avenir de notre pays : finances publiques, productivité, perte de compétitivité, climat social. Et ce que j’ai perçu m’a glacé. Non, nos politiques ne sont pas ignorants de la situation. Ils savent… Ils savent que le modèle français ne tient plus. Mais ils sont prisonniers de leur idéologie et de leur stratégie électorale.
Changer de cap ? Trop risqué.
Remettre en question leurs dogmes ? Trop coûteux politiquement.
Dans la logique des partis, la dissidence est une faute : elle nourrit la concurrence interne, elle fissure l’unité, elle s’expose à la dénonciation publique.
Résultat : on se tait, on suit, on obéit. Et pendant ce temps, la maison brûle.
Quand la politique cesse d’être un engagement pour devenir un métier
Cette conversation m’a confirmé une intuition que beaucoup partagent : la professionnalisation de la politique a dévoyé son sens. Nos élus sont devenus gestionnaires de carrière plus que serviteurs du bien commun.
Ils parlent du peuple, mais ne vivent plus parmi lui.
À l’inverse, plus la politique est locale, plus elle reste ancrée dans le réel.
Je pense souvent à mon oncle Robert, maire d’un petit village du Lot pendant une vingtaine d’années.
Il gérait les finances communales comme on gère un foyer : peu d’emprunts, des années d’économies pour financer une salle des fêtes, la rénovation du clocher, ou la voirie.
Pas de dérapages, pas de dettes cachées.
Pourquoi ? Parce qu’il croisait ses administrés chaque matin. Il rendait des comptes à ceux qu’il servait.
À l’échelle nationale, ce lien a disparu. Et avec lui, la responsabilité.
Le réveil douloureux : la France déclassée
Le réel, lui, a décidé de frapper à la porte.
L’agence de notation S&P Global a abaissé le 17 octobre la note de la France de AA- à A+.
Elle évoque une “incertitude élevée sur les finances publiques”.
Cette décision était initialement prévue pour le 28 novembre, mais les analystes ont préféré avancer leur verdict. En voyant le budget 2026, ils ont compris que la trajectoire n’était plus tenable.
Un spécialiste de BNP Paribas confiait en 2012 lors d’une enquête au Sénat : « Tous les clients professionnels, du fonds de pension nordique à la banque centrale asiatique, qui ont des années de réserves devant eux, ont fixé leurs règles de gestion en fonction du rating : pas de limite pour le triple A, limite pour le double A, pas plus de 5 % pour le A, interdiction ensuite. »
Désormais, la France se situe dans la catégorie où certains grands investisseurs ne peuvent plus acheter librement notre dette.
Cela signifie des taux plus élevés, une charge d’intérêts qui explose, et une spirale budgétaire dont il sera très difficile de sortir.
Nous venons d’atteindre un point de bascule. Et tout indique que le domino tombera… en 2027. Au moment même où les électeurs choisiront comme président celui ou celle qui leur promettra le plus de lendemains qui chantent.
Les politiques et les médias ont tout faux
Le débat public tourne en boucle autour d’un thème unique : « qui paie trop ? qui ne paie pas assez ? ».
C’est une impasse intellectuelle. La vérité, c’est que la France est moins riche.

Source : Banque Mondiale
Le PIB par habitant décroche par rapport à l’Allemagne, première économie de la zone euro.
Si l’on ajoute les États-Unis à la comparaison, l’écart devient vertigineux.
Depuis 2008, nous vivons dans le déni : la baisse de richesse réelle produite par les français est compensée par un surcroît de dette.
Imaginez un père ou une mère de famille qui perd son emploi, retrouve un poste moins bien payé, mais conserve le même train de vie à crédit. Pour rassurer sa banque, il met en garantie… ses enfants. Voilà notre pays. Voilà notre modèle.
Le déni démocratique
Nos dirigeants portent une lourde responsabilité. Mais nous aussi.
Comme la Grèce avant sa faillite, la France s’enfonce dans un théâtre électoral où la promesse l’emporte sur la vérité. Le discours du “lendemain meilleur” séduit davantage que celui de l’effort partagé.
Pourtant, la solution ne viendra pas d’un parti, mais du courage collectif :
celui de reconnaître que le confort du court terme prépare la douleur du long terme.
Le bon sens voudrait qu’on vote pour ceux qui prônent rigueur, équité et exemplarité — y compris de la classe politique elle-même. Mais les urnes obéissent à la majorité, et la majorité souffre. Alors, mécaniquement, le vote se déplace vers ceux qui promettent de “prendre aux riches”.
C’est une constante des sociétés en déclin : quand les assiettes se vident, on se tourne vers celle du voisin.
C’est quoi, un “riche”, au juste ?

Source : Observatoire des inégalités d’après des données de L’INSEE
Selon l’INSEE, une personne seule est considérée comme “riche” au-delà de 4 293 € nets par mois.
Ces “riches” représentent environ 11 % de la population active.
Ils paient déjà plus que leur part, mais n’ont pas la majorité dans les urnes — donc ils continueront de voir leur fiscalité grimper.
Un cran en dessous, les “classes aisées” (entre 3 119 € et 4293 € nets/mois) forment, avec les “riches”, 23 % de la population active. Et la moitié des actifs gagne plus de 2 200 €.
C’est autour de ce seuil que la politique fiscale se joue : ni trop haut pour ne pas faire fuir, ni trop bas pour ne pas fâcher.
Résultat : pour la majorité silencieuse de la classe moyenne (entre 1683 € et 3119 nets/mois), les hausses passent par la petite porte : inflation, taxes indirectes, fiscalité locale etc..
En parlant de fiscalité locale, cette dernière s’en donne à cœur joie.
Taxes foncières : l’impôt que personne ne voit venir
Chaque automne, le scénario se répète : les propriétaires découvrent une hausse de taxe foncière souvent supérieure à l’inflation.
En 2025, la revalorisation automatique des bases cadastrales est de +1,7 %, mais les communes ajoutent souvent leurs propres augmentations.
Selon l’UNPI, la taxe foncière a bondi de plus de 37 % en dix ans dans les grandes villes.
Deux raisons principales :
- L’indexation automatique sur l’inflation des valeurs locatives.
- La hausse des taux décidée localement, souvent pour compenser la disparition de la taxe d’habitation.
Certaines communes ont même dépassé les +10 % en une seule année.
Et ce n’est pas tout : de nombreuses taxes foncières reposent sur des données cadastrales obsolètes.
Une pièce mal classée, une surface erronée… et vous payez trop, parfois depuis des années.
Comment tenter de faire baisser votre taxe foncière
Face à cette opacité, la start-up ORKA.tax a décidé de rendre la fiscalité locale plus transparente.
Sa plateforme en ligne permet à chaque propriétaire de vérifier, comprendre et contester sa taxe foncière.
Le processus est simple :
- Simulation gratuite du montant théorique selon les données cadastrales.
- Analyse personnalisée pour détecter d’éventuelles erreurs.
- Dossier de réclamation prêt à envoyer à l’administration.
Le service est gratuit jusqu’à la détection d’une anomalie.
Si le propriétaire décide de contester, le coût est fixe : 99 € par bien, sans abonnement ni frais cachés.
Les corrections obtenues permettent en moyenne une économie de 435 € par an, parfois bien davantage.
Investisseurs, multipropriétaires, SCI… tous peuvent y gagner.
J’ai échangé avec la cofondatrice Manon Bellin sur leur solution. Et franchement, ils ont réalisé un énorme travail pour créer cet outil sans équivalant sur le marché français. Chapeau !
Mais au-delà des chiffres, c’est une question de justice en redonnant à chaque propriétaire la possibilité de ne pas surpayer sa taxe foncière.
Je vous souhaite légèrement en avance un excellent week-end, et un peu de recul face à l’agitation médiatico-politique autour du gang du Louvre, pilleur du patrimoine français. Car pendant qu’on vous distrait avec des voleurs de bijoux, c’est l’État, en silence, qui vous fait les poches.
Ionès Jaoulane
Directeur des Investissements aux Publications Agora