Et hop, encore un peu de poussière sous le tapis…

La Cades prévoit d’emprunter 20 milliards sur les marchés http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202501238175-la-cades-prevoit-d-emprunter-20-milliards-sur-le-marche-529010.php.

Pourquoi vous parler de la Cades ? Parce que c’est un symptôme avancé de notre faillite. La Cades est une structure cache-poussière censée réduire le « trou de la Sécu ».

La Caisse d’amortissement de la dette sociale est un « machin » au sens gaullien qui fut créé en 1996 et devait à l’origine cesser toute activité en 2009. La Cades avait repris le « trou de la Sécu », soit 21 Mds€ de l’époque et encaisse l’impôt universel de la CRDS pour apurer la dette.

Ça c’était le plan initial.

La vérité c’est que la Cades emprunte. Elle est classifiée government agency sur le marché obligataire (soit presque aussi bon que l’État, un peu comme un deuxième vin) et bénéficie de la note AA+ attribuée par Standard & Poors.

Les Echos nous apprennent que cette année la Cades devra trouver 46,4 Mds€ dont 10 Mds€ à court terme. L’Agefi indique 30 Mds€ et confirme 10 Mds€ à court terme.

Pourquoi cette obligation est un indicateur utile pour nous ?

Le marché obligataire souverain est faussé puisque les banques commerciales les achètent grâce à l’argent prêté par la Banque centrale européenne.

Le marché des titres des government agency est moins faussé car il est en seconde ligne et moins transparent car moins couvert par les media. Il peut donc nous être utile comme alerte précoce de dérapage sur nos taux.

Que pouvons-nous conclure pour le moment ?

Qu’il est étrange que le gouvernement ait décidé de ne pas verser sa dette vers le cache-poussière Cades. Selon Le Figaro, la solution de relever le découvert (de 22 Mds€ à 29,5 Mds€) de la banque de la Sécu, l’Acoss a été préférée.

Une hypothèse, audacieuse, je le reconnais : dans un admirable éclair de lucidité, le gouvernement s’attend à une nouvelle dégradation de la note française. Dans ce cas, les émissions de la Cades pourraient mal se passer et on a estimé plus sage de ne pas « charger la mule » et de laisser l’Acoss se débrouiller avec le trou en transit.