L’espoir ne fait même plus vivre

Le Dow Jones a battu ses records « sur fond d’espoir d’une amélioration de l’économie américaine ». Oui, vous avez bien lu, il ne s’agit que d’espoir. Pas de certitude, malgré le gaz de schiste, malgré la réindustrialisation, malgré le QE infini et 85 Mds$ par mois injectés dans l’économie.

En Europe même l’espoir semble avoir disparu. L’activité économique devrait y régresser de 0,3%. C’est le retour à la « croissance négative » de Mme Lagarde.

Que faire, que faire ? Les taux bas et les rachats obligataires ne se retransmettent pas à l’économie réelle explique le Wall Street Journal. Une entreprise espagnole emprunte à 5,12%, tandis qu’une entreprise italienne paiera 4,36% et une entreprise allemande 2,84%.

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Toutes ces analyses sont issues de la croyance keynésienne. Malheureusement, l’économie réelle ne fonctionne pas ainsi.

  • La croissance du crédit n’est pas la croissance de la richesse
  • Les banques centrales ne gouvernent pas l’économie qui résultent de milliards de prises de décision individuelles avec le bouton « taux directeur »
  • La fausse monnaie n’a jamais rendu plus riche ou plus solvables.

Jean-Louis Dalbera écrit dans Les Echos « La crise financière était bien une crise de solvabilité de certains agents économiques occidentaux (certains Etats européens en premier lieu), bien plus qu’une crise de liquidité. On a fait semblant de croire que c’était une crise passagère, liée au manque de liquidité entre les banques. Il se trouve que nous étions en présence d’une crise liée à l’endettement excessif de certains agents économiques (ménages américains, « hedge funds », certains Etats européens…)  »

Christian Saint-Etienne dans les colonnes du Figaro dénonce l’immobilisme français. Le titulaire de la chaire d’économie industrielle du Conservatoire national des Arts et métiers expose les mesures – douloureuses – qu’il conviendrait de prendre maintenant. « Ces mesures vont-elles être prises à temps ? Non. On sait pourquoi : les élites politiques et médiatiques françaises ont convaincu le peuple que nos difficultés résultaient de la faute des autres (au choix : mondialisation, Chine, Inde, Allemagne, etc.)« .

Nous sommes à un tournant de la crise. Pensez-vous que les banques centrales puissent jeter trois quarts de siècles de keynésianisme aux orties ? Bien sûr que non, elles voudront « faire quelque chose ». Ce « quelque chose » a désormais un nom qui revient de plus en plus souvent dans les medias : helicopter money, de l’argent imprimé pour financer directement les déficits, avec comme corollaire qu’on admet que le principal (la dette publique existante) ne sera jamais remboursé. Avant, on admettait que le principal serait remboursé pour partie en monnaie de singe, mais avec l’helicopter money on abandonne même cette prétention.