Le trou toujours plus profond de la dette noire

Le dernier chiffre du déficit pourrait faire croire à une amélioration des finances publiques. En réalité, la progression du « hors bilan » est très inquiétante. (Article de Simone Wapler)

L’heure est au satisfecit. Les médias s’enthousiasment sur le très modeste déficit de la France : 2,6% du PIB.

« Déficit budgétaire limité », « dans les clous européens », « sous les 3% pour la première fois depuis 2007 ». Nos finances publiques baignent dans le beurre, à entendre certains médias.

déficit public de la France

D’autres, comme Le Figaro ou Les Echos sont plus réservés. Le premier parle d' »amélioration en trompe l’oeil ». Le second parle de la « pression fiscale record ».

Les chiffres ont effectivement de quoi refroidir : l’Etat français dépense toujours plus d’année en année ; le moindre déficit n’est dû qu’à plus d’impôt et un peu plus de croissance, ce qui augmente les recettes fiscales. Le taux de prélèvement obligatoire monte à 45,4% du PIB et les dépenses publiques représentent 56,5% du PIB.

La dette atteint 97% du PIB. En 2018, les intérêts devraient coûter 42,1 milliards d’euros et l’Agence France Trésor a prévu d’emprunter 195 milliards d’euros : le déficit et ce qui est nécessaire pour rouler les emprunts arrivant à échéance en s’endettant à nouveau. Cette cavalerie a été jusque là facile car les taux d’intérêt baissaient régulièrement. Cette période s’achève.

Une fois que vous avez tout cela en tête, la messe n’est pas encore dite. Il faut évoquer la « dette noire », encore qualifiée de « hors bilan ».

Un abîme de 4 070 milliards d’euros

Le dernier rapport de la Cour des comptes sur le sujet date de 2013. Seuls quelques rares observateurs s’intéressent à cette obscure comptabilité. L’énarque économiste Jean-Yves Archer en fait partie.

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