La dislocation de l’euro revient à l’ordre du jour

L’Italie a dit non :

  • Non aux technocrates
  • Non à l’élite politique
  • Non aux sacrifices pour rembourser une dette dont les Italiens ne se sentent pas responsables

M. Le Marché s’angoisse. Si la troisième économie d’Europe joue les trublions tandis que l’Espagne s’enfonce et que la France entend vivre éternellement au-dessus de ses moyens, cela augure mal des créances que M. Le Marché détient.

Voyez-vous M. Le Marché n’est pas si difficile à comprendre. Il détient de la dette souveraine et il voudrait bien qu’on la lui rembourse. Il n’est pas très exigeant car il il s’accommode d’un peu de planche à billets. Imprimer pour sauver Bankia ou la Grèce, ça ne le dérange pas trop.

Si on vous doit 1 Mds euros, et qu’on vous glisse quelque milliers d’euros en faux billets, ce n’est pas un drame. Il faut bien accepter quelques concessions pour éviter le pire, n’est-ce pas ? Il n’y a que dans les films de Mafia dans lesquels une liasse de faux billets en papier journal glissé dans la mallette déclenche une fusillade autour du Capo.

Bien sûr, ceci n’est que le raisonnement de M. Le Marché qui a une mémoire de poisson rouge et saura toujours très bien refiler la liasse de faux billets. Chez les gens ordinaires, on sait très bien que lorsque l’impression de fausse monnaie commence, elle ne s’arrête plus. Les gens ordinaires se retrouvent avec la monnaie dévaluée dans les mains sans avoir pu en tirer aucun profit.

Les électeurs italiens ont montré qu’ils n’étaient pas vraiment chauds bouillants pour rembourser. Si on vous doit 1 Mds euros et qu’on vous glisse 200 M euros de faux billets, ça se voit.

N’oubliez pas que sans la charge de sa dette, le budget de l’Italie se tient, le pays n’a pas de déficit. Le déficit ne sert qu’à payer les intérêts. Certes, envoyer bouler ses créanciers ne serait pas sans douleur et causerait probablement une violente récession, mais c’est tellement tentant. C’est ce qu’a fait l’Islande qui ne s’en porte pas plus mal ! C’est exactement ce que dit le vote de l’Italie à M. Le Marché. Nous risquons de ne plus entendre parler des problèmes de l’euro fort avant un moment.

Et en Espagne, ça chauffe aussi. Voici un article limpide sur les 19 Mds euros de Bankia et ce que cela signifie pour l’immobilier en Espagne, l’Espagne et la survie de l’Europe : Alerte la situation des banques espagnoles est encore plus grave que ce qu’il n’y paraît pour la zone euro.

Michel Sapin évoque « un État totalement en faillite »

Michel Sapin évoque « un État totalement en faillite » http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/01/27/20002-20130127ARTFIG00150-michel-sapin-evoque-un-etat-totalement-en-faillite.php

Mais malgré cette situation désespérée, la France emprunte et empruntera à un taux finalement très avantageux : 2,5 % prévoit L’Agefi.

« Nous vivons dans un état de rêve. Avoir tous les pays développés qui impriment de la monnaie simultanément est sans précédent. Trente-huit pays poursuivent une politique de taux d’intérêt nul ou négatif. Je n’ai jamais rien vu de pareil »
Felix Zulauf, Zulauf Asset Management

Bien sûr, cette fausse monnaie fausse un peu la perception de la réalité. C’est d’ailleurs exactement le but recherché. Pour le moment ça marche !

Confiance, c’est le maître mot.

Les gens continuent à avoir confiance dans le système. Quatre ans après la crise, les banques sont toujours trop grosses pour faire faillite, les mêmes technocrates prennent les mêmes décisions que celles qui nous ont conduit dans le mur, les banques centrales sont gorgées de mauvaises créances, les planches à billets de trente-huit pays ronflent à l’unisson. Mais la confiance est là, les marchés montent.

The Wall Street Journal nous offre même un petit sermon sur les bénéfices de la confiance avec citations de doctes universitaires.