Le principe stupide du coefficient multiplicateur

Les économistes keynésiens s’angoissent sur la rigueur qui consiste à ne pas dépenser plus que ce qu’on a. Dans le dogme de leur église, il est écrit que 1 de dépenses publiques aboutit à « plus de 1 » de PIB.

Le « plus de 1 » est exprimé de façon confuse, mais en gros c’est parce que l’Etat (un fonctionnaire + un lobbyiste) sait bien mieux que le quidam moyen comment dépenser l’argent que le quidam moyen a gagné.

Tant que l’on aura pas éradiqué le principe du PIB comme mesure de richesse collective, l’économie administrée a de beaux jours devant elle. Tant qu’un chiffre qui est une addition de dépenses – dont de plus en plus sont payées à crédit – passe pour une mesure de richesse nous sommes mal partis.

Quoiqu’il en soit, le Fonds monétaire international prédit 0,5% de croissance du PIB en moins pour les Etats-Unis (et donc 1,5% de PIB pour 2013). Nous tremblons… 85 Mds$ par an en moins de coupes budgétaires automatiques produisent -0,5% de « croissance ».

Mais que pèsent 85 Mds$ par an face à 85 Mds$ par mois d’impression monétaire. Il me semble que là, le coefficient est de 12.

Donc 85 Mds$ par mois devrait produire 12 x 0,5 = 6% de croissance, non ? Sans impression monétaire, l’économie américaine serait en dépression de 6%. Si tant est que l’arithmétique soit applicable à un système économique qui repose sur de la fausse monnaie.

Un superbe article très fouillé sur le fameux coefficient multiplicateur keynésien d’un entrepreneur à succès.

Il n’y a pas de bouton « Arrêt » à la planche à billets

« Arrêt » ou « Off » : c’est une option qui n’existe pas sur les imprimantes de fausse monnaie. C’est le sens du discours d’Helicopter Ben.

Le titre des Echos « Bruxelles demande à l’Italie de poursuivre ses efforts de désendettement  » veut dire que le stock de dettes de l’Italie doit diminuer. Donc qu’il faut rembourser. C’est un peu nouveau, car d’habitude on disait qu’il suffisait que la dette ne grossisse plus (moins de déficit), ou moins vite.

Bien sûr, rembourser est totalement illusoire puisqu’on a du mal à stabiliser (Italie) ou faire grossir moins vite (France).

Ce sera pareil en Europe qu’aux Etats-Unis, même si Angela en avale son casque à pointe (qu’elle n’a pas) : la planche à billets ne va pas s’arrêter, sinon l’euro explose en vol. Mario Draghi a acheté du temps avec les OMT (une planche à billets un peu plus discrète que celle de Ben). Le sable du sablier s’écoule et il ne se passe rien… Donc il faudra acheter encore plus de temps. On va grossir le sablier.