L’écart de taux entre le 10 ans français et allemand devient un indicateur politique très important

L’écart de taux entre les obligations à 10 ans de la dette française et allemande, désigné par le terme de spread, est un indicateur pertinent annonciateur de la déroute financière de la France et peut-être de sa future faillite.

Le 22 février dernier, l’écart de taux atteignait les 84 points du jamais vu depuis 2012. Cinq jours plus tard, le spread s’est légèrement resserré à 72 points, avec une ouverture de l’OAT à 0,919 et du Bund allemand à 0,195.

Source : labourseauquotidien.fr

A l’étranger, on vend la France et on achète l’Allemagne

Cet écart de taux ou spread d’obligations d’État montre que les investisseurs étrangers voient d’un mauvais œil les perspectives présidentielles de mai prochain, avec notamment l’hécatombe de l’affaire Fillon, une montée du FN dans les sondages abondamment relayé dans la presse internationale et la possible sortie de l’euro de la France.

L’inquiétude les gagnant, ces investisseurs se débarrassent volontiers de leurs OAT et se replient sur le 10 ans allemand jugé valeur refuge. Lorsqu’on vend une obligation son taux monte, au contraire lorsqu’on l’achète, le rendement baisse. « Pour attirer les investisseurs, il faut rémunérer plus cher le risque. Ce qui joue sur le rendement du 10 ans français qui est passé de 0,029% en septembre à 1,14% courant février… » et qui dit rémunération plus chère du risque, induit un poids des intérêts de la dette grandissant. La défiance risque de s’accentuer dans les mois qui viennent.

Si les taux d’intérêts augmentaient de 1% sur la dette française culminant à 2 000 milliards d’euros, il s’ensuivrait à terme un coût supplémentaire de 20 milliards d’euros s’ajoutant à cette dette et à notre déficit.

Les agences de notation pourraient bien dégrader la note française, comme ce fut le cas en janvier 2012 où la France perdit le triple A de Standard & Poor’s. Le scénario d’une dégradation de notre double A actuel serait un nouveau pas vers l’inexorable catégorisation de la France en tant que « pays périphérique » comme l’indique The Wall Street Journal. Si la situation  s’aggrave, il faudrait bien compenser ce coût du crédit devenu plus cher. En puisant dans l’épargne des français… comme le conseille le FMI ?

 

Par Florian Darras

La faillite de l’État providence en Espagne

Espagne : bientôt 5 millions de chômeurs, Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/12/04/20002-20121204ARTFIG00655-espagne-bientot-5millions-de-chomeurs.php

Nous avons beaucoup de similitudes avec l’Espagne donc il est intéressant de voir comment la crise évolue de l’autre côté des Pyrénées. Vont être déversés sur les banques espagnoles 37 Mds€. Les banques ont émis de la dette, des obligations qu’elles ne rembourseront que partiellement à leurs créanciers. Il y a deux types de dettes : la dette dite senior et la dette dite subordonnée. Dans le deuxième cas le remboursement est « subordonné » à certaines conditions. Ce deuxième type rapportait à ses détenteurs un peu plus puisque plus qu’il était plus risqué.

La dette subordonnée a été vendue aux épargnants espagnols, le plus souvent à leur insu, au travers de livrets ou de comptes rémunérés.
Comment l’Espagne arrive-t-elle à tenir avec 5 millions de chômeurs (1,7 millions de famille ont tous leurs membres au chômage), des banques en faillite, des épargnants lésés, une bulle immobilière en décomposition et un État providence moribond ? Par le travail au noir et la solidarité familiale, nous indique Le Figaro. Normal, Puisque l’État providence est en faillite, retour à la case d’avant, la nature reprend ses droits.