Votre assurance-vie est en danger

Simone Wapler – La Stratégie de Simone Wapler

« Le monde est au bord du gouffre par la faute d’un système irresponsable« , déclarait le Premier ministre François Fillon en 2008. Cinq ans après, nous basculons dans ce même gouffre par la faute de la politique de ces gouvernants.

Qui viendra au secours des Etats en perdition dans cette crise ?

Pas les banques : elles n’ont pas réussi à se refaire une santé. Alors qui paiera ?

Il n’y a plus possibilité de repêchage. Les politiques économiques menées depuis trois ans aux Etats-Unis et en Europe vont entraîner la faillite complète des Etats.

Dans une tribune publiée en août 2011 dans Les Echos, l’économiste Kenneth Rogoff était le premier à le reconnaître : « le vrai problème n’est autre que l’endettement catastrophique qui touche l’économie à l’échelle mondiale« .

Si seulement c’était si simple !

L’endettement est catastrophique, les défauts de paiement se généralisent et les Etats font faillite. Et alors, qu’est-ce que cela change?

Le hic, c’est que tout est étroitement lié. La faillite de l’Etat. Nos épargnes. Nos retraites. Nos économies. Notre niveau de vie. Tout cela sera profondément affecté par la débâcle qui ne cesse de s’étendre. Et pour beaucoup de gens, les conséquences seront dramatiques.

Des milliards d’euros d’épargne privée disparaîtront. Les personnes âgées verront leurs retraites si diminuées qu’ils devront s’en remettre à la bonne volonté — et surtout au porte-monnaie — de leurs enfants pour ne pas finir à la soupe populaire. Et que dire de leurs propres enfants ? Ils n’auront même plus, pour la plupart, de travail ou de source de revenu fixe.

Ne comptez plus sur les autorités pour utiliser les leviers traditionnels pour maîtriser l’inflation dans les années à venir : les commandes ne répondront plus.

Très peu de solutions resteront alors sur la table : la ruine, la guerre… ou bien encore réquisitionner votre épargne, celle qui est gentiment blottie dans vos contrats d’assurance-vie.

Les défauts de paiement ont déjà commencé en Islande, en Irlande, au Portugal, en Grèce, en Espagne… A quand le tour de la France ?

Michel Sapin évoque « un État totalement en faillite »

Michel Sapin évoque « un État totalement en faillite » http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/01/27/20002-20130127ARTFIG00150-michel-sapin-evoque-un-etat-totalement-en-faillite.php

Mais malgré cette situation désespérée, la France emprunte et empruntera à un taux finalement très avantageux : 2,5 % prévoit L’Agefi.

« Nous vivons dans un état de rêve. Avoir tous les pays développés qui impriment de la monnaie simultanément est sans précédent. Trente-huit pays poursuivent une politique de taux d’intérêt nul ou négatif. Je n’ai jamais rien vu de pareil »
Felix Zulauf, Zulauf Asset Management

Bien sûr, cette fausse monnaie fausse un peu la perception de la réalité. C’est d’ailleurs exactement le but recherché. Pour le moment ça marche !

Confiance, c’est le maître mot.

Les gens continuent à avoir confiance dans le système. Quatre ans après la crise, les banques sont toujours trop grosses pour faire faillite, les mêmes technocrates prennent les mêmes décisions que celles qui nous ont conduit dans le mur, les banques centrales sont gorgées de mauvaises créances, les planches à billets de trente-huit pays ronflent à l’unisson. Mais la confiance est là, les marchés montent.

The Wall Street Journal nous offre même un petit sermon sur les bénéfices de la confiance avec citations de doctes universitaires.

Croissance, croissance, où es-tu, que fais-tu ?

Quand et pourquoi fait-on facilement crédit, sans être trop regardant ? Lorsqu’il y a de la croissance, pardi ! Le problème c’est que selon certains économistes, dont notamment Robert Gordon (et aussi Bill Bonner qui est en train d’écrire un livre sur ce sujet), « la phase de progrès technologique rapide qui a suivi la révolution industrielle serait une exception de 250 ans au cours de la longue stagnation qui caractérise l’histoire humaine ». En résumé, la forte croissance n’est pas la norme. Or la croissance du crédit est sous-tendue par l’hypothèse inverse. Voilà pourquoi nous sommes mal. Il faudra purger ces dettes d’une façon ou d’une autre c’est à dire admettre des pertes.

Panne d’innovation ? Bulle Financière ? Ce qui a fait la crise, Les Echos

http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/0202457670668-panne-d-innovation-bulle-financiere-ce-qui-a-fait-la-crise-522516.php

Quoi ? La crise ne serait pas finie ?

Dans une alerte de L’Agefi de vendredi http://www.agefi.fr/articles/alerte-sur-les-assurances-et-les-retraites-d-entreprise-1250045.html :

« La solidité financière de l’assurance européenne et du secteur des pensions professionnelles  pourraient être confrontée à une perspective significativement négative à moyen terme du fait des incertitudes macro-économiques et de la fragilité des marchés financiers », s’alerte le rapport publié le 14 décembre par l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) pour le second semestre 2012. Consacré à la stabilité financière de ce secteur dans l’espace économique européen (EEA), ce rapport souligne que « les risques pour la stabilité financière demeurent élevés ». Il considère aussi que «cette crainte est devenue particulièrement pertinente du fait du risque de persistance de taux d’intérêt faibles dans nombre d’économies, avec en parallèle la volatilité des marchés de capitaux ».

Allons bon, on croyait que la crise était finie…

Les paris risqués des banques centrales dénoncés par The Wall Street Journal

Pour mesurer le chemin parcouru depuis le début de cette crise, je me souviens des cris d’orfraies de l’establishment que nous déclenchions à l’automne 2008, lorsque nous qualifiions les procédés de la Fed américaine de « planche à billets » et de « création monétaire pure ». Mais non, nous assurait-on, tout ceci n’avait rien à voir avec les méthodes du Zimbabwe.

En fait, si.

Tout le monde l’admet désormais. Depuis 2007, les Banques centrales ont inondé le système financier mondial de 11 000 Mds$, comptabilise The Wall Street Journal. Pour situer, le PIB mondial est de 70 000 Mds$ selon la Banque mondiale. 16 % de « stimulus monétaire », un doublement des prêts des banques centrales.

Doubling Down
Source : The Wall Street Journal

« Leurs stratégies monétaires ne se trouvent pas dans les manuels classiques. Les banquiers centraux conduisent, en réalité, une expérience à haut risque, s’appuyant en partie sur des travaux académiques de ceux qui étudièrent et enseignèrent au Massachussetts Institute of Technology dans les années 1970 et 1980 ». The Wall Street Journal 1.

L’économie se veut une science, cher lecteur et nous sommes ses cobayes. A la clé, c’est la destruction du système monétaire actuel qui est en jeu.

« Si les banquiers centraux ont raison, ils éviteront à l’économie mondiale une stagnation prolongée et la répétition des erreurs des banquiers centraux des années 1930. S’ils ont tort, ils peuvent attiser l’inflation ou semer les germes d’une autre crise financière ».

Nous pensons qu’ils ont tort, cher lecteur. C’est pourquoi nous vous préconisons jour après jour de vous prémunir contre l’inflation ou une nouvelle crise majeure, voire les deux.

1 Cet article me semble si important que je vous mets le lien en anglais, ici http://professional.wsj.com/article/SB10001424127887323717004578157152464486598.html?mod=ITP_pageone_7&mg=reno64-wsj

La faillite de l’État providence en Espagne

Espagne : bientôt 5 millions de chômeurs, Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/12/04/20002-20121204ARTFIG00655-espagne-bientot-5millions-de-chomeurs.php

Nous avons beaucoup de similitudes avec l’Espagne donc il est intéressant de voir comment la crise évolue de l’autre côté des Pyrénées. Vont être déversés sur les banques espagnoles 37 Mds€. Les banques ont émis de la dette, des obligations qu’elles ne rembourseront que partiellement à leurs créanciers. Il y a deux types de dettes : la dette dite senior et la dette dite subordonnée. Dans le deuxième cas le remboursement est « subordonné » à certaines conditions. Ce deuxième type rapportait à ses détenteurs un peu plus puisque plus qu’il était plus risqué.

La dette subordonnée a été vendue aux épargnants espagnols, le plus souvent à leur insu, au travers de livrets ou de comptes rémunérés.
Comment l’Espagne arrive-t-elle à tenir avec 5 millions de chômeurs (1,7 millions de famille ont tous leurs membres au chômage), des banques en faillite, des épargnants lésés, une bulle immobilière en décomposition et un État providence moribond ? Par le travail au noir et la solidarité familiale, nous indique Le Figaro. Normal, Puisque l’État providence est en faillite, retour à la case d’avant, la nature reprend ses droits.