Les Etats européens organisent leurs défauts futurs

Marc Touati, le grand éditorialiste économique, chantre du keynésianisme flamboyant, vient de commettre un ouvrage  » Le dictionnaire terrifiant de la dette ». C’est dire si le vent médiatique tourne. Il est vrai que l’activité économique est de moins en moins rentable, le chômage s’installe.

Le socialisme a beaucoup de charmes car il semble facile et logique : vous prenez l’argent des riches, vous le distribuez aux pauvres. Les pauvres consomment et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Au passage, vous êtes réélu car comme il y a plus de pauvres que de riches, ceux qui ont reçu de l’argent votent pour vous.

Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu.

Pour plus de sécurité, certains pays d’Europe – dont la France – mettent en place les futurs outils de restructuration de leurs dettes souveraines. Il s’agit des clauses d’actions collectives (extrait de l’article 43 de la loi de finance 2013) sur les nouvelles émissions obligataires souveraines d’une maturité supérieure à un an qui autorise un Etat à revenir sur ses engagements. Peu d’observateurs ont relevé l’importance de cet article 43 et de la nouvelle voie de répression financière qu’il permet.

N’oubliez pas que pour « sauver l’euro », la France a emprunté 50,3 Mds euros et que l’euro n’est pas vraiment sauvé. L’Espagne est là…

Une restructuration des dettes souveraines européennes ferait à nouveau plonger les banques.

Toujours pas d’emploi à l’horizon

Le rapport qui accable l’assurance chômage http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/01/22/09005-20130122ARTFIG00440-assurance-chomage-une-remise-a-plat-inevitable.php

La Cour des comptes veut réduire l’indemnisation chômage des cadres http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202517649368-la-cour-des-comptes-veut-reduire-l-indemnisation-chomage-des-cadres-531187.php , Les Echos

Toujours pas d’emploi à l’horizon. Du coup, l’État providence doit lâcher du lest. Les riches, ce sont les cadres au chômage donc ils vont payer en priorité. Ce n’est que justice … sociale !

Tout ce « social-clientélisme » n’empêchera pas le trou de se creuser…

L’Agefi Hebdo du 10 janvier nous offre un interview de Pierre-Mathieu Duhamel, président du comité stratégique de KPMG, ancien directeur du budget au ministère de l’Economie. « De 2010 à 2013, les augmentations d’impôts ont représenté 3 points de PIB. Sur le seul budget 2013, c’est 30 Mds€ supplémentaires. Désormais la seule option raisonnable c’est la réduction de dépenses ».

L’Agefi mentionne dans ce même numéro une étude de l’OCDE. « Cette étude menée auprès de 23 pays indique qu’au-delà d’un certain niveau, un matelas de dépenses inefficaces apparaît qui entrave la compétitivité du secteur privé et freine l’efficacité du secteur public. Les pays dont les dépenses publiques sont maintenues en dessous de 40 points de PIB ont des dépenses efficaces à 98 %. A contrario, au dessus de 50, le taux baisse à 65 %. La France s’inscrit dans ce schéma ».

WANTED : homme d’État courageux plutôt que politicard dont l’horizon se limite à la prochaine élection…