Prévision monétaire : art dangereux

« Au-delà des propos rassurants des uns et des autres il est certain que ces dettes ne seront pas toutes remboursées. Il y aura encore fatalement des perdants, des spoliés, des faillis. Mais, pour l’instant, personne ne sait décrire cette formidable redistribution de cartes, ses modalités, son ampleur, son calendrier… et encore moins ses répercussions sur les circuits de la finance. D’où les réserves de cash constituées par les entreprises et les particuliers qui en ont les moyens. (…) en croissance zéro, tout devient plus périlleux. Les banquiers centraux le savent bien : quand la hausse des prix devient nulle, l’économie risque de basculer dans la déflation et son cortège d’effets dépressifs ».

Jean-Marc Vittori, Les Echos, Pourquoi les dirigeants ne savent plus prévoir

L’éditorialiste des Echos pense que les dirigeants ne savent plus prévoir car tout est devenu trop complexe. Avec la mondialisation, la masse d’informations à synthétiser dépassent les capacités intellectuelles.

J’avance une autre explication. Les dirigeants politiques ne savent plus prévoir car ils croient à leurs propres mensonges, ceux qu’ils ont eux-mêmes organisé. Ce ne sont pas des hommes d’Etat, ce sont des hommes politiques et ils n’ont pas besoin de prévoir au-delà de la prochaine échéance électorale. Ils prennent la création monétaire qu’ils ont décidée pour de la création de richesse tangible. Ils prennent les dettes qu’ils contractent pour du vrai argent.

Les dirigeants d’entreprise, ceux de la société civile, savent très bien que la prévision est un art dangereux et que si les statistiques permettaient de prévoir, presque tout le monde serait riche. Ce qu’ils savent faire en revanche, c’est s’adapter rapidement (si tant est que les hommes politiques les laissent faire).