Pourquoi la France va faire faillite

Avant de vous exposer les quatre critères, qui montrent que la France va faire faillite, je tiens à clarifier quelque chose d’important.

On nous rebat  les oreilles concernant la règle d’or budgétaire. Cette règle d’or prévoit de limiter le déficit de chacun des pays signataires à 3 % de leur PIB.  Cependant cette règle est absurde car elle revient à diviser des choux par des carottes, comme disaient les anciens instituteurs. Elle entretient l’idée qu’avec 3 % « on a les moyens de s’offrir un déficit ».

Une regrettable confusion consiste à assimiler le PIB à la richesse d’un pays. Mais le PIB est une somme de dépenses et parmi ces dépenses, certaines sont financées par l’emprunt. C’est comme si vous établissiez votre budget en comptant dans vos revenus des crédits à la consommation.

Mais il y a pire…

Lorsque le PIB grossit, on oublie de regarder s’il a gonflé à cause de la dette. Ce qui conduit à annoncer une croissance qui ne repose pas sur une augmentation de la production de richesse, mais sur un gonflement de la dette. Ce n’est pas parce que vos dépenses augmentent que vous êtes plus riche !

Le seul vrai ratio de déficit est :

(Dépenses – Recettes) / Recettes

Et si vous partez de là, la situation est bien plus terrible.

Critère numéro 1 : un déficit fiscal qui ne se résorbe jamais. Le vrai déficit, ce sont donc les dépenses de l’État non financées rapportées aux propres recettes de l’État. En effet, l’État ne possède pas tout le PIB du pays. Il s’approprie des recettes fiscales. Le déficit est donc le rapport entre les dépenses non financées et les recettes fiscales.

Ce déficit est aujourd’hui de 20 % selon le projet de loi de fiance 2013, intitulé « Solidaires et responsables pour une France plus juste » (téléchargeable ici). Un cinquième des dépenses ne sont donc pas financées par l’impôt. Autrement dit, il faudrait lever 20 % de plus, soit 62 Mds€ d’impôts supplémentaires, doubler l’impôt sur le revenu !

Cela ne serait pas grave si nous étions la Grèce et que tout le monde vivait au noir. Mais nous sommes déjà un des pays les plus fiscalisés au monde. Faire croire que les 20 % supplémentaires seront trouvés chez les riches et en épargnant la classe moyenne est stupide et malhonnête.

La vraie méthode pour réduire le déficit d’un pays où la pression fiscale est déjà énorme consiste à réduire les dépenses publiques. Les réduire, pas simplement arrêter de les faire grossir.

Bref, la route est longue, l’effort est immense et le débat électoral n’a absolument pas préparé la population à une telle trajectoire.

Critère numéro 2 : un ratio dette publique (le passif) sur recette fiscale (ce que l’État fait rentrer comme impôt) dramatique, avec une dette publique qui grossit toujours plus vite que ce que le pays produit. Aujourd’hui en supposant que la France arrête  de faire fonctionner justice, police, écoles, armée, musée, hôpitaux, il  faudrait six années pour rembourser le passif. Ceci n’inclut pas le hors bilan – toutes les promesses de retraite – non provisionnées. En incluant ce hors bilan, on arrive plutôt à 25 ans.

Critère numéro 3 : la pression fiscale. Pour combler son déficit, l’État – à défaut de diminuer son train de vie – pourrait augmenter sa pression fiscale. C’est relativement facile quand on part de pas grand-chose comme en Grèce. Cela devient nettement plus compliqué quand on est déjà dans le pays où la pression fiscale est une des plus forte au monde. De ce point de vue, nous sommes sur le podium des pays les plus fiscalisés, au deuxième ou au troisième rang selon les études. Un Français travaille en moyenne jusqu’au 26 juillet de l’année civile pour payer ses impôts. Seules deux nations nous surpassent : la Belgique et la Hongrie. Pour la taxation des « riches », la France occupe la deuxième place au monde, selon une étude de KPMG. Si l’État prenait à tous les « riches » tout leurs revenus supérieurs à 150 000 € pour ne leur laisser que le SMIC, l’État ne récolterait même pas de quoi payer les intérêts de la dette. La taxe à 75 % sur les revenus au delà de 1 M€ ne rapportera qu’entre 200 et 300 M€, 0,08 % du budget de l’État. Il n’échappera à personne que les « riches » ont les moyens de voyager et de quitter ce qui sera devenu un enfer fiscal.

Taxer les riches, n’est donc pas la solution. Augmenter encore la pression fiscale va accélérer la fuite des entrepreneurs, des jeunes diplômés et même des retraités aisés.

Critère numéro 4 : la part du secteur public dans l’économie. Il est maintenant démontré que plus la part du secteur public augmente, plus le taux de chômage augmente et plus la croissance s’amoindrit. En France, la part du public est de 57 % et la part du privé de 43 %. La ligne rouge des 50 % a été franchie.

Plus le poids du secteur public augmente plus la croissance ralentit. C’est parfaitement logique lorsque vous réfléchissez que le secteur public n’a pas vocation à gagner de l’argent contrairement au secteur privé. Un secteur privé qui diminue en poids, c’est donc une économie dont le dynamisme s’atrophie.