L’euro a encore bobo à ses taux

Les taux d’emprunt de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie et de la France remontent. Ceux de la Grèce dépassent 8%. Pour le Portugal, c’est 3,49%, pour l’Italie  2,58%, pour l’Espagne 2,25% et pour la France 1,30%. À comparer avec l’étalon, l’Allemagne qui emprunte à 0,81%. Ce qui est important et qui est de mauvais augure, c’est la dynamique : le taux de l’Allemagne baisse alors que le taux des cigales ou des cigales repenties (Portugal, Espagne) montent. La BCE ne peut pas racheter directement ces obligations d’État sur le marché. Mario Draghi a donc sorti du dernier tiroir de son bureau un plan de rachat d’obligations d’entreprises pour essayer de faire baisser les taux : 560 Mds€ pour les obligations non financières cotées en catégorie investissement (bonnes entreprises fiables) et 320 Mds€ pour les obligations financières (les machins des banques).

Ce sera probablement sans effet (autre que feu de paille boursier). Si vous êtes le patron  d’une entreprise bien notée (donc avec de la trésorerie) que la croissance est 0 est que votre dette vous coûte 2%, la chose la plus intelligente que vous ayez à faire consiste à rembourser votre dette, vous gagnez 2% sur ce poste ! Quant aux obligations financières, oui, ça peut encore une fois tirer les banques d’un mauvais pas. N’oublions pas qu’une banque centrale n’œuvre pas pour le public mais pour les banques, pour protéger un système financier absurde de réserves fractionnaires et de création de crédit illimitée. Mais l’heure de vérité approche. Le bilan de la BCE devient de plus en plus pourri et les contribuables européens commencent à avoir des poussées d’urticaire.