Le budget de la honte et de la lâcheté

Le budget 2015 est sorti et nous fait descendre un peu plus sur le chemin de la faillite au bout de laquelle nous attend la soupe populaire.

239 pages que vous pouvez télécharger ici pour présenter des « économies » qui n’en sont pas, des chiffres qui comme d’habitude ne seront pas atteint, des hypothèses qui comme d’habitude ne se matérialiseront pas.

La lâcheté est présente du côté des recettes, avec la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu, histoire de multiplier ceux qui ne se sentent (à tort) pas concernés par les taxes. Un petit 3,3 Mds€ de recettes en moins dans l’océan de 75,7 Mds€ de déficit prévu.

La lâcheté redouble du côté des dépenses. Le gouvernement a pré-vendu à Bruxelles 21 Mds€ d’économie. On nous présente des gadgets : la profession des réformes réglementées, le travail dominical, un petit coup de matraque discret sur la politique familiale. Mais surtout rien qui puisse fâcher le bataillon de l’électorat de base. Pas un poil d’épilation de mammouth, aucune réforme de statut de la fonction publique, aucun colmatage pour le trou de la Sécu et surtout pas de mise en concurrence. Quant à l’intérêt de la dette – la charge – le budget 2015 prévoit 46,7 Mds€ contre 45 Mds€ en 2014. Michel Sapin croit au Père Noël et que les taux bas le resteront éternellement. L’Allemagne paiera puisque nous sommes « trop gros pour faire faillite ».

Ne croyez cependant pas que la lâcheté soit le privilège de ce gouvernement, l’opposition n’est pas en reste. François Fillon nous indique « La France est à la veille d’un incident financier grave ». Certes et que propose-t-il ? 110 Mds€ d’économie en cinq ans « Ce sera l’effort le plus important jamais fourni. Pas pour remettre en cause notre modèle, mais pour le sauver ».

Grave erreur. Notre modèle ne doit pas être sauvé, il n’est envié ni copié par personne. La Suède a supprimé le statut de fonctionnaire à vie. Le modèle social français repose sur une vision collectiviste et dépassée de l’économie. Redistribuer de la richesse ne la crée pas, faire des ponts et des routes avec des impôts ne donne pas de croissance. Les Japonais le savent depuis plus de vingt ans.

Mais qu’attendre d’une classe politique corrompue, sclérosée, minée par les scandales, composée majoritairement de fonctionnaires qui n’ont jamais été soumis à la concurrence, à ceux qui ont prouvé leur incompétence et de déficit en déficit nous conduisent à la soupe populaire ?  Rien si ce n’est toujours plus d’impôts, plus de taxes, plus de chômage, plus d’appauvrissement.

L’Allemagne grince des dents. Dans la presse anglo-saxonne on commente sans critiquer.

Les taux ne montent pas encore. Tout va bien. Rentier drogué à la redistribution étatique, vous serez euthanasié ainsi que le prévoyait Keynes mais il n’y aura pas de séquelle.