La France décroche

L’euro baisse parce que la France décroche économiquement. L’écart de performance entre la France et la zone euro s’accroît, observe finement L’Agefi

Les journaux nous ressortent l’éternel couplet des charmes de la monnaie faible.  Ce charme existe, mais pas pour nous. L’attrait de la monnaie faible pour les élites gouvernantes c’est de pouvoir lever un impôt qui ne dit pas son nom sur le renchérissement des importations. Or nous importons plus que ce que nous exportons.

De toutes façons qu’attendre de commentateurs  qui ne savent que s’extasier sur des taux d’intérêt négatifs sans dénoncer que si certains sont prêts à payer pour prêter le système est tout simplement fou.

Pour aller trouver un peu de bon sens, il faut traverser la frontière et lire les propos de Wolfgang Schaüble. Le ministre allemand des finances a exprimé publiquement hier ses réticences concernant les manipulations monétaires de Mario Draghi et la confusion des genres puisque la Banque centrale européenne est censée à la fois piloter la politique monétaire et superviser les banques.

Il a ajouté « je ne suis pas particulièrement satisfait du débat entamé par la BCE sur l’achat de produits de titrisation ». En termes moins diplomatiques, il n’aime pas du tout. « Les 80 milliards d’euros du mécanisme de renflouement européen ne sont pas à la disposition de toutes les idées créatives. Ils constituent une provision pour assurer que la monnaie européenne reste stable et conserve la confiance des marchés financiers ». Pas touche à la cagnotte qui ne doit servir qu’en cas de coup dur. D’ailleurs, ce n’est pas du vrai argent, seulement une « capacité d’emprunts ». Par ailleurs, l’Allemagne, plus tournée vers l’Est que nous, s’inquiète de la faillite probable de l’Ukraine et de ses éventuelles retombées sur les banques autrichiennes et allemandes.

Plus notre pays s’enfonce, plus les dissensions vont se creuser entre une gestion à l’allemande et le « grand-n’importe-quoi » d’un gouvernement totalement dépassé par les évènements.