Fin du rally sur l’Europe du Sud

Et hop, ça repart ! Les taux d’emprunts des pays du Sud remontent. Les nôtres aussi d’ailleurs : il sont passés de 2,0103 % en moyenne en décembre à 2,252 % le 4 février. Pas de quoi encore paniquer, mais ça ne va pas du tout dans le bon sens.

Fin du rally sur l'Europe du Sud

M. Le Marché qui n’avait pas eu peur des batteries de chiffres et statistiques prend peur à cause de l’Italie et de l’Espagne. Berlusconi remonte dans les sondages et Berlusconi est dangereux. Qui sait ? Berlusconi est imprévisible et pourrait avoir la tentation de dire que l’Italie ne remboursera pas toute sa dette. C’est tentant puisque l’Italie n’a pas besoin d’emprunter pour payer ses fonctionnaires et ses dépenses de redistribution. Le pays n’a pas de « déficit structurel » pour reprendre l’expression jargonneuse d’usage.

M. Le Marché préfère les technocrates et les Grands Planificateurs Omniscients (GPO) – au moins avec eux on sait où on va, ils sont prévisibles.

Le plus tragicomique, c’est que l’euro est fort, vous répètent à l’unisson les medias. L’euro n’est bien évidemment pas fort, mais il s’en imprime (en ce moment) un peu moins que des dollars, des yens, des livres et autres devises.

L’analyse du Temps sur la guerre des monnaies :

« Nous nous dirigeons irrémédiablement vers une guerre mondiale des monnaies déclenchée par une économie globale en surcapacité, une demande insuffisante et une politique monétaire de plus en plus radicale ».

Voilà que Jean-Marc Vittori, l’éditorialiste des Echos, se trouve pris d’un doute affreux, insoutenable, déprimant (viiiiite ! 3 Lexomils et 2 Prozacs) : « Pour les échanges d’argent, une économie planifiée serait-elle plus efficace qu’une économie de marché ? Autrement dit, avons-nous enterré trop vite le système communiste, il y a de cela un quart de siècle ? (…) A moins que cette formidable distorsion par les autorités publiques ne débouche sur un énorme gâchis ».