Est-ce grave docteur ?

Les zinzins, les investisseurs institutionnels, qui ont des contraintes réglementaires pesant sur la qualité de leurs actifs seront tentés de moins acheter de dette française. Mais ils n’en sont pas encore à vendre.
Ces zinzins doivent respecter des ratios de solvabilité. Cela signifie qu’en face de chaque actif (obligation ou action) qu’ils détiennent en portefeuille, ils doivent prévoir une provision d’argent au cas où les choses tourneraient mal. C’est ce qu’on appelle les ratios prudentiels. La provision d’argent ce sont leurs fonds propres.

Prenons un fonds de pension ou une compagnie d’assurance : un actif noté triple A par deux agences sur trois ne consomme pas de fonds propres. Le zinzin n’a pas besoin d’avoir un matelas de précaution. Mais un actif moins bien noté consomme des fonds propres, et il en consomme d’autant plus qu’il est moins bien noté. Donc le zinzin qui le détient va devoir trouver à terme plus de capitaux pour respecter les ratios réglementaires si ses obligations françaises se dégradent ou alors les vendre … si le prix du marché lui inflige des pertes supportables (inférieures au montant qu’il doit trouver pour remettre au pot de ses fonds propres).