Le piège du budget se referme

Le piège du budget a de grandes dents, n’en doutons pas et les socialistes sont programmés pour faire des économies comme les carmélites pour lancer une super production pornographique. Le gouvernement a avoué qu’il ne contrôlait plus rien.

Le déficit de la France explose. Mais rien de grave, avec Pierre Moscovici commissaire européen, « Moi Président Normal » pense probablement qu’il suffit d’attendre.

Les deux premiers jours du calendrier Attali sont cochés. Attendons, nous aussi.

Mise sous tutelle de la France le 2 octobre ?

C’est ce que pense Attali, la Troïka pourrait débarquer le 2 octobre.

Voici sa chronologie

« Récapitulons les dates importantes du mois à venir :

– Ce mercredi 10 septembre, le gouvernement doit faire connaître la trajectoire qu’il choisit pour 2015. Ce choix est crucial, puisqu’il détermine le sort du pays jusqu’en 2016, année en principe pré-présidentielle, pendant laquelle tout le monde s’empressera de ne rien faire. Les choix qui restaient à trancher avant ce mercredi étaient immenses. Faut-il avouer au pays que les déficits publics ne sont pas sous contrôle et que la France rejoindra bientôt le triste club des pays dont la dette publique est supérieure à son PIB ? Faut-il se résigner à des déficits durablement supérieurs à 4% du PIB, à la différence de tous les autres pays européens ? Ou, au contraire, faut-il enfin faire d’énormes réformes et de cruelles économies pour maîtriser ces dérives ? Faut-il encore augmenter les impôts ? Et lesquels ? Faut-il se résigner à une déflation suicidaire ? Faut-il libérer les forces de la croissance au risque de déchaîner la coalition de tous les conservatismes ? J’ai ma réponse à ces questions. Je ne sais pas, à l’instant où j’écris, celle qui sera donnée par le gouvernement. La suite du calendrier ne l’incite pas à l’audace …

– Le vendredi 12 septembre, la structure du budget doit être communiquée au Haut conseil des finances publiques et aux autres pays européens, dont les ministres des Finances seront réunis pour cela à Milan.

– Le mardi 16 septembre, le Premier ministre doit demander la confiance du Parlement, qui sera d’autant plus difficile à obtenir qu’il aura pris les mesures très difficiles auxquelles nul n’a préparé le pays.

– Le jeudi 18 septembre, le Président de la République donnera la quatrième conférence de presse semestrielle de son mandat.

– Le mercredi 24 septembre, ou quelques jours plus tard en raison d’un déplacement du Président à l’ONU, le budget détaillé sera présenté en Conseil des ministres puis, le jeudi 2 octobre, déposé au Parlement.

– Le dimanche 28 septembre auront lieu les élections sénatoriales.

Tout, alors, sera joué. »

La suite ici

Jacques Attali, énarque, connaît bien les rouages politiques.

La Banque centrale européenne se remet à imprimer

L’intervention de Draghi épate les marchés nous dit le Financial Times.

Imaginez quatre hommes politiques, nous appellerons le premier M. Laissez-Faire, le second M. Austérité, le troisième M. Affairiste et le troisième M. Populiste.

Ces trois hommes politiques affrontent une crise économique. Il y a eu trop de crédits, trop d’investissements pas aux bons endroits. Du coup, des entreprises sont en faillite, le chômage monte. La faillite est un processus normal d’assainissement et en principe les filets sociaux permettent au chômeur de surmonter cette mauvaise passe.

Mais n’oubliez pas, nous avons des hommes politiques, il faut qu’ils agissent.

M. Laissez-Faire

« Cette crise est le résultat d’une bulle de crédits. Nous avons trop dépensé à titre collectif et individuel. Il faut laisser les faillites assainir tout ça pour pouvoir repartir rapidement du bon pied.  Pour éviter à l’avenir de tels accidents, je suggère de revenir à un système monétaire sain dans lequel tout prêt serait adossé à une épargne déjà existante. Cela nous éviterait de dépenser stupidement l’argent du futur et de compromettre l’avenir de nos enfants. Les dégâts de nos erreurs seraient ainsi limités. ».

M. Austérité

« Le contexte économique n’est pas bon, mais comme le dit Mamie Macron je ne peux adoucir les maux des plus faibles qu’en redistribuant ce que j’ai et non ce que je n’ai pas. Mes rentrées fiscales vont diminuer, il va donc falloir s’entendre rapidement  pour savoir qui assister pour surmonter cette mauvaise passe et couper dans les dépenses inutiles ».

M. Affairiste

« Tout va s’arranger si vous me laissez imprimer de l’argent, empêcher les banques de faire faillite. Les banques accorderont plus de crédits aux entreprises qui embaucheront et la machine va repartir comme avant ».

M. Populiste

« La Finance sans visage (mais qui a de grandes dents) s’est goinfrée avec une bulle de crédit. A votre tour d’en profiter. Imprimons de l’argent et nous allons vous le distribuer directement ; l’économie va repartir puisque tout le monde aura de l’argent à dépenser. »

Je vous laisse imaginer qui aura le meilleur score aux prochaines élections.

Mario Draghi œuvre pour M. Affairiste.

Qu’a-t-il fait ?

  1. Il a baissé le taux de refinancement (ou taux directeur). Ceci baisse le prix de l’argent  que les banques commerciales empruntent à la Banque centrale. Inversement, la Banque centrale punit les banques commerciales si elles veulent déposer de l’argent en leur appliquant dans ce cas un taux négatifs, c’est à dire en leur demandant de l’argent.
  2. Il va racheter des crédits titrisés que les banques conservent. Il s’agit de crédits subprime à l’européenne : des crédits pourris adossés à de l’immobilier, des prêts automobiles. La Banque centrale européenne se transforme en bad bank de l’Europe du Sud.

Les Allemands (qui préfèrent M. Austérité vu qu’ils ont déjà donné pour M. Populiste et qu’ils se sont serrés la ceinture pour leur réunification) toussent.

Du coup, M. Mario Draghi assure que tout ceci ne doit pas faire oublier les réformes.

Mais il va y avoir de l’eau dans le gaz dans l’Union européenne. Les Allemands ont toujours dit « on veut bien payer SI vous vous réformez sinon c’est nein ». Et certains sont à la traîne, les regards se tournent vers la France (et l’Italie) dans laquelle certains pensent « piquons plutôt le pognon des Allemands ce qui nous permettra de faire l’impasse sur les réformes vu que le modèle social français est intouchable ».

Economie : le gouvernement renonce à ses objectifs

Michel Sapin fait son coming out : la baisse des dépenses de 21 Mds€ prévue pour 2015 n’aura pas lieu.

Raison : la faible inflation.

Mmmmmmm… bizarre, bizarre. Vous aviez prévu d’économiser 21 € mais vous y renoncez parce que la hausse des prix est trop faible. Ça vous paraît logique ? Non, évidemment, c’est même aberrant, comme la plupart de ce qu’on nous raconte en matière économique, comme les taux d’intérêt négatifs, comme le fait de croire que qui consomme s’enrichit, etc.

En réalité, une faible inflation réduit les recettes fiscales. L’État encaisse moins d’impôts (vous comprenez mieux pourquoi « on » vous serine que la hausse des prix c’est bien) donc faire des économies quand en plus ses revenus baissent, c’est vraiment trop dur !

En réalité les « économies » promises n’en étaient pas.

Pourquoi la Finance prête pour rien à la France

Les Echos pensent avoir la réponse : il n’y a plus de risque d’éclatement de l’euro et M. Le Marché a peur de la déflation. Mais pourtant, une banque c’est un c’est un peu fait pour cela, pour garder de l’argent, non ?

Pas un mot sur le fait que si M. Le Marché ne veut pas laisser son argent dans les banques c’est que peut-être il pense qu’elles ne sont pas si saines qu’on veut bien le faire croire. À moins qu’il n’ait peur d’une petite entourloupe à l’espagnole. Rappelez-vous, en Espagne, le 13 juillet 2014 une taxe de 0,03% sur les dépôts bancaires a été décrétée avec effet rétroactif au 1° janvier 2014…

Nous ne vivons plus dans un  système capitaliste, des taux d’intérêts négatifs sont un défi au bon-sens.

Macron : un ministre de l’économie plus intéressé par la rente que par le capital

Un  article de L’Express sur Emmanuel Macron

J’aime cet article qui date de mai 2013 car il est très révélateur du capitalisme de copinage surnommé par la gauche « libéralisme ».

Emmanuel Macro a lâché une rente annuelle de 900 000 € dans la banque privé pour un poste politique.

« La banque, l’argent… Partageant un café avec Macron dans le bureau de celui-ci, un conseiller de l’Elysée ressent un choc en découvrant le montant du tiers provisionnel dû par son hôte – l’imprimé fiscal traîne sur la table : une somme à six chiffres ! Macron n’est pas resté assez longtemps chez Rothschild pour devenir riche à millions, mais il a très bien gagné sa vie en 2011 et pour les cinq premiers mois de 2012: 900 000 euros (550 000 après charges et impôts), à comparer à ses 156 000 euros annuels aujourd’hui, rémunération identique à celle du président de la République. L’ex-banquier ne paie pas l’ISF (à partir de 1,3 million d’euros). 

A un ami il avait confié qu’il ne resterait pas plus d’un an ou un an et demi à l’Elysée. Et après? La politique? Les uns le verraient bien ministre de Hollande, mais la mode est aux poids lourds de la politique. D’autres suggèrent un retour vers la banque, la direction d’une grande entreprise. Jacques Attali fait plus simple: président de la République dans vingt ans. »

Comme vous le voyez, l’épargne ce n’est pas son truc puisqu’avec 900 000 € (dernier salaire partiel qui fut précédé par d’autres qui devaient aussi comporter 6 chiffres) il ne paie pas l’ISF.

Le capital n’intéresse pas des gens qui ont un privilège de création monétaire (puisqu’avec 1 € de fonds propres, un banquier peut créer 20 ou 30 € de crédit et Macron faisait partie de ce sérail). Ce qui intéresse ces gens-là c’est la rente, qu’elle soit prodiguée par le monde politique ou financier.

Au secours : les taux sont négatifs !

Le marché nous envoie un signal très étrange que la plupart des commentateurs passent sous silence : les taux d’emprunt à court terme de l’Allemagne, de la Suisse et même (dans une moindre mesure) de la France sont devenus négatifs.

Ceci défie le bon-sens.

C’est la preuve éclatante que les banques sont toujours gravement malades.

Dans un système capitaliste le capital doit travailler. Des gens achètent du capital (en payant des intérêts) pour investir et créer de la richesse.

Des taux négatifs signifient que des gens qui ont du capital choisissent de payer un État pour que cette puissance publique conserve leur argent. Ils décident qu’ils renoncent à tout rendement. Pire : ils ne veulent même pas que cet argent traîne dans des banques sur un compte courant. C’est comme si vous, au lieu de laisser votre argent sur un compte en banque ou un livret vous alliez payer une location de coffre pour y mettre vos liasses de billets.

Pour éviter que vous soyez tentés comme les investisseurs  institutionnels de fuir les banques, on veut supprimer le cash, le meilleur moyen pour que vous restiez bancarisé …

 

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La charrue et les bœufs ou l’œuf et la poule

La charrue avant les bœufs, ça ne se discute pas : c’est idiot.

Mais l’œuf ou la poule, lequel précède l’autre ça se discute toujours en France

Relevé sur Contrepoint

Il y a deux sortes de gens :

  • Ceux qui pensent qu’ils sont là pour « distribuer » les richesses et faire avancer la « justice sociale » : ils prennent pour cela le maximum d’impôt à ceux qui travaillent et gagnent de l’argent, et le redistribuent sous forme de primes, d’allocations, de prestations, de subventions etc. Ils prennent et redonnent par l’intermédiaire de leurs grosses lessiveuses redistributrices étatiques. C’est leur idée du socialisme en 2014 : les riches n’ont qu’à payer et il ne faut surtout pas faire confiance aux entreprises car les patrons se gavent en exploitant les travailleurs. Ils n’ont jamais créé une entreprise de leur vie et n’ont donc jamais créé un seul emploi. Mais comme ils ont fait l’ENA, ils savent tout et en particulier quels investissements sont rentables : donc ils taxent d’abord les entreprises en leur annonçant qu’ils leur rendront l’argent sous forme d’allégements, mais uniquement en contrepartie d’emplois créés ! Il ne leur vient pas à l’esprit que s’ils enlevaient leurs grosses pattes étatiques, et faisaient confiance à la liberté d’entreprendre, les entreprises seraient plus dynamiques et embaucheraient. Mais bon, ils sont socialistes et donc pour « la justice sociale ». C’est pour ça qu’ils distribuent des bonbons au peuple sous forme d’allocations et des subventions à leurs clientèles électorales pour s’assurer de leurs bulletins de vote et être réélus. Aussi simple que ça.
  • De l’autre côté, vous avez ceux qui pensent qu’avant de pouvoir la redistribuer, il faut d’abord la créer cette fameuse richesse et donc diminuer le matraquage fiscal, diminuer les dépenses publiques qui plombent la croissance, diminuer la dette, diminuer la charge sur les entreprises pour leur permettre de gagner de l’argent, d’investir, de vendre des produits sur des marchés difficiles, de payer des salaires, d’embaucher des chômeurs qui végètent à Pôle emploi qui ne pourra d’ailleurs bientôt plus les payer…

Bon, je n’insiste pas, vous avez compris : d’un côté les méchants profiteurs qui compromettent la croissance et l’emploi en prônant l’austérité, en se mettant des profits dans les poches et en se gavant de dividendes ; et de l’autre les gentils interventionnistes comme Montebourg qui veulent dépenser sans compter, accroître toujours les déficits, s’endetter davantage, distribuer encore plus, subventionner au maximum… soi-disant pour « relancer la croissance et le pouvoir d’achat »… Le problème est qu’ils ont essayé ces méthodes depuis des années et que ça n’a conduit qu’à un matraquage fiscal sans précédent, des déficits dramatiques, une dette abyssale de 2000 milliards d’euros, un chômage massif… Sans pour autant obtenir la croissance promise et le retour à l’emploi.

Concrètement, cela donne ceci :

Et puis encore ça

En orange le taux de faillite des entreprises et en bleu leur rentabilité.

Remaniement gouvernemental mais pas de vrai changement à l’horizon

La France change de gouvernement et donc les décisions vont être freinées. La faillite est-ce vraiment maintenant ?

Deux écoles s’affrontent.

Les étatistes-keynésianistes (très majoritaires à droite et à gauche)

Non la France ne fera pas faillite, la Banque centrale européenne interviendra et se débrouillera pour maintenir les taux d’intérêts extrêmement bas pendant l’éternité. Nous serons noyés sous les prêts à taux zéro, l’argent imprimé, etc. Le discours de Mario Draghi à Jackson Hole va dans leur sens.

Les réalistes (très minoritaires)

Non la Banque centrale européenne ne sera pas toujours là. Les manipulations monétaires ont une limite. La France n’est pas le Japon. Lorsque l’inflation se réveillera en Allemagne ou que des spéculateurs s’intéresseront à la France, la Banque centrale européenne ne pourra plus lutter contre une hausse des taux et la France devra restructurer sa dette.

Valérie Pécresse fait partie des réalistes qui ont cependant participé à un gouvernement étatiste-keynésianiste. Elle évoque la faillite mais qu’a-t-elle fait lorsqu ‘elle était au Budget ?

Elle nous livre cependant une indication intéressante :

« Dans le détail, la France emprunte 360 Mds€ par an à court terme. L’effet d’une hausse des taux d’intérêt serait alors énorme : « Si les taux d’intérêt remontent d’un point, cela veut dire que cela nous fera 3 milliards de dépenses de plus. De 2 points ? 7 milliards » explique l’ancienne ministre du Budget. »

Hélas son calcul est ensuite partiel et ne prend en compte que le court terme. Le service de la dette, les intérêts se montent au total à 45 Mds€ pour une dette globale de 2 000 Mds€, ce qui fait un taux d’emprunt moyen de 2,25%.

France : État d’urgence

Ce que vous y trouverez

A lire essentiellement pour le passage intitulé « comment réformer le contrat social » à savoir assurance vieillesse, assurance chômage et assurance maladie.

A dire vrai je feuillette à nouveau ce livre et me rend compte qu’il fait partie des innombrables livres « constats -> solutions collectives qui ne seront jamais mise en œuvre ». Mais ce type de littérature a son public et l’auteur sera peut-être écouté lorsqu’il sera trop tard.

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