Rumeur de dégradation de la note française

La route de la faillite est longue, large et en pente douce.

L’agence de notation Moody’s a averti qu’elle allait dégrader la note de la France vendredi 19 septembre après la fermeture des marchés (faisant suite à Standard & Poor’s).

Le gouvernement nie avoir reçu toute information.

Est-ce grave ? À ce stade pas encore. Tant que la dette française est acceptable par les « zinzins » (les investisseurs institutionnels, assureurs et fonds de pension) cela ne change pas grand-chose. Or la note AA ou Aa2 est toujours zinzin-compatible.

Cependant cela peut exciter les spéculateurs, les grandes dents de la Finance Sans Visage qui n’ont pas peur des Sans-Dents.

Pour le moment, les rendements des obligations françaises à 10 ans ne s’envolent pas.

http://www.bloomberg.com/quote/GFRN10:IND

Le rendement, c’est le taux sur  le marché secondaire (le marché de l’occasion). Reste maintenant à savoir comment se passera la prochaine émission obligataire du jeudi 2 octobre.

La faillite interminable de la Sécu

Damned, pas de chance, les comptes de la Sécu sont rouge sang (13,6 Mds€ de déficit) et ce n’est vraiment pas le moment avec tout le pétrin du budget. Encore environ 5 Mds€ à trouver. Aucune des économies attendues en 2014 (4,7 Mds€) n’est au rendez-vous. Evidemment, Valls a obtenu son vote de confiance car sinon c’était la dissolution et beaucoup de députés même frondeurs risquaient de ne pas retrouver de siège. La dette  nationale va atteindre 100% du PIB en 2015. Il paraît que ce sera le pic et qu’après ça ira mieux.

Pour mieux dé-responsabiliser  sur la dépense publique, le gouvernement supprime la première tranche d’imposition sur le revenu.

L’impôt sur le revenu progressif est un impôt que payent très peu de contribuables et ce petit nombre paye beaucoup. Il rapporte peu. Petite assiette, gros impôts et faibles rentrées : il paraît que ce n’est pas l’optimal  fiscal mais ce ne doit pas être inscrit aux cours de l’ENA.

Espérons qu’Angela Merkel ne lit pas la presse française.

La faillite interminable de la Sécu

Damned, pas de chance, les comptes de la Sécu sont rouge sang (13,6 Mds€ de déficit) et ce n’est vraiment pas le moment avec tout le pétrin du budget. Encore environ 5 Mds€ à trouver. Aucune des économies attendues en 2014 (4,7 Mds€) n’est au rendez-vous. Evidemment, Valls a obtenu son vote de confiance car sinon c’était la dissolution et beaucoup de députés même frondeurs risquaient de ne pas retrouver de siège. La dette  nationale va atteindre 100% du PIB en 2015. Il paraît que ce sera le pic et qu’après ça ira mieux.

Pour mieux dé-responsabiliser  sur la dépense publique, le gouvernement supprime la première tranche d’imposition sur le revenu.

L’impôt sur le revenu progressif est un impôt que payent très peu de contribuables et ce petit nombre paye beaucoup. Il rapporte peu. Petite assiette, gros impôts et faibles rentrées : il paraît que ce n’est pas l’optimal  fiscal mais ce ne doit pas être inscrit aux cours de l’ENA.

Espérons qu’Angela Merkel ne lit pas la presse française.

La France est devenue une fabrique de pauvres

Depuis 2011, après 69 Mds€ de nouveaux prélèvement, le chômage augmente et la pauvreté aussi. En revanche, l’inégalité – telles que mesurées par l’INSEE – diminue. Ça vous rend perplexe ? L’explication est simple. Beaucoup de riches sont partis, le revenu médian a donc diminué  et comme l’inégalité est calculée comme l’écart par rapport au revenu médian, l’inégalité diminue. En revanche la pauvreté est mesurée avec un seuil fixe (828 € ou 993 € par mois selon les critères).

Plus de pauvres, mais moins d’inégalité voilà le résultat d’un État obèse et d’un pays dont l’économie fonctionne avec 57,1% du PIB dévolu au secteur public.

Avec 100%, l’égalité devrait être (presque) parfaite. Presque seulement parce qu’il ne faut pas oublier nos chers élus qui sont moins égaux que nous surtout face à la « phobie administrative ».

On croyait avoir touché le fond avec l’évasion fiscale le député Cahuzac, mais c’était sans compter le député Thévenoud qui ne paye ni impôts ni loyers.

Déficit : Berlin s’exaspère des dérapages français

Le titre du Figaro est repris par les tweeters. Ce n’est pas bon signe pour l’accueil réservé à la France par le Haut conseil des finances lors de la réunion de l’Europe de à Milan.

Charles Gave, Bernard Attali : les avertissements se multiplient. Les taux d’intérêts et les CDS (assurances sur la dette française) restent calmes… pour le moment.

En une semaine, l’OAT à dix ans a vu son rendement passer de 1,265% à 1,371% pas de quoi crier au loup mais une hausse de plus de 8% en une semaine pour de l’obligataire c’est quand même significatif. Il ne faudrait pas oublier que c’est « sensible » ces petites bêtes là. La « sensibilité » d’une obligation est l’effet d’une petite variation d’intérêt sur le prix. Plus les taux sont bas, plus les obligations deviennent « sensibles » : une faible variation de taux (de 1,5% à 2%, par exemple ce qui ne fait que 0,5% de différence) se traduit par une très forte variation de prix.

Les adjudications d’OAT ont lieu le premier jeudi du mois à 10h50. RV le jeudi 2 octobre, donc.

Le piège du budget se referme

Le piège du budget a de grandes dents, n’en doutons pas et les socialistes sont programmés pour faire des économies comme les carmélites pour lancer une super production pornographique. Le gouvernement a avoué qu’il ne contrôlait plus rien.

Le déficit de la France explose. Mais rien de grave, avec Pierre Moscovici commissaire européen, « Moi Président Normal » pense probablement qu’il suffit d’attendre.

Les deux premiers jours du calendrier Attali sont cochés. Attendons, nous aussi.

Mise sous tutelle de la France le 2 octobre ?

C’est ce que pense Attali, la Troïka pourrait débarquer le 2 octobre.

Voici sa chronologie

« Récapitulons les dates importantes du mois à venir :

– Ce mercredi 10 septembre, le gouvernement doit faire connaître la trajectoire qu’il choisit pour 2015. Ce choix est crucial, puisqu’il détermine le sort du pays jusqu’en 2016, année en principe pré-présidentielle, pendant laquelle tout le monde s’empressera de ne rien faire. Les choix qui restaient à trancher avant ce mercredi étaient immenses. Faut-il avouer au pays que les déficits publics ne sont pas sous contrôle et que la France rejoindra bientôt le triste club des pays dont la dette publique est supérieure à son PIB ? Faut-il se résigner à des déficits durablement supérieurs à 4% du PIB, à la différence de tous les autres pays européens ? Ou, au contraire, faut-il enfin faire d’énormes réformes et de cruelles économies pour maîtriser ces dérives ? Faut-il encore augmenter les impôts ? Et lesquels ? Faut-il se résigner à une déflation suicidaire ? Faut-il libérer les forces de la croissance au risque de déchaîner la coalition de tous les conservatismes ? J’ai ma réponse à ces questions. Je ne sais pas, à l’instant où j’écris, celle qui sera donnée par le gouvernement. La suite du calendrier ne l’incite pas à l’audace …

– Le vendredi 12 septembre, la structure du budget doit être communiquée au Haut conseil des finances publiques et aux autres pays européens, dont les ministres des Finances seront réunis pour cela à Milan.

– Le mardi 16 septembre, le Premier ministre doit demander la confiance du Parlement, qui sera d’autant plus difficile à obtenir qu’il aura pris les mesures très difficiles auxquelles nul n’a préparé le pays.

– Le jeudi 18 septembre, le Président de la République donnera la quatrième conférence de presse semestrielle de son mandat.

– Le mercredi 24 septembre, ou quelques jours plus tard en raison d’un déplacement du Président à l’ONU, le budget détaillé sera présenté en Conseil des ministres puis, le jeudi 2 octobre, déposé au Parlement.

– Le dimanche 28 septembre auront lieu les élections sénatoriales.

Tout, alors, sera joué. »

La suite ici

Jacques Attali, énarque, connaît bien les rouages politiques.

La Banque centrale européenne se remet à imprimer

L’intervention de Draghi épate les marchés nous dit le Financial Times.

Imaginez quatre hommes politiques, nous appellerons le premier M. Laissez-Faire, le second M. Austérité, le troisième M. Affairiste et le troisième M. Populiste.

Ces trois hommes politiques affrontent une crise économique. Il y a eu trop de crédits, trop d’investissements pas aux bons endroits. Du coup, des entreprises sont en faillite, le chômage monte. La faillite est un processus normal d’assainissement et en principe les filets sociaux permettent au chômeur de surmonter cette mauvaise passe.

Mais n’oubliez pas, nous avons des hommes politiques, il faut qu’ils agissent.

M. Laissez-Faire

« Cette crise est le résultat d’une bulle de crédits. Nous avons trop dépensé à titre collectif et individuel. Il faut laisser les faillites assainir tout ça pour pouvoir repartir rapidement du bon pied.  Pour éviter à l’avenir de tels accidents, je suggère de revenir à un système monétaire sain dans lequel tout prêt serait adossé à une épargne déjà existante. Cela nous éviterait de dépenser stupidement l’argent du futur et de compromettre l’avenir de nos enfants. Les dégâts de nos erreurs seraient ainsi limités. ».

M. Austérité

« Le contexte économique n’est pas bon, mais comme le dit Mamie Macron je ne peux adoucir les maux des plus faibles qu’en redistribuant ce que j’ai et non ce que je n’ai pas. Mes rentrées fiscales vont diminuer, il va donc falloir s’entendre rapidement  pour savoir qui assister pour surmonter cette mauvaise passe et couper dans les dépenses inutiles ».

M. Affairiste

« Tout va s’arranger si vous me laissez imprimer de l’argent, empêcher les banques de faire faillite. Les banques accorderont plus de crédits aux entreprises qui embaucheront et la machine va repartir comme avant ».

M. Populiste

« La Finance sans visage (mais qui a de grandes dents) s’est goinfrée avec une bulle de crédit. A votre tour d’en profiter. Imprimons de l’argent et nous allons vous le distribuer directement ; l’économie va repartir puisque tout le monde aura de l’argent à dépenser. »

Je vous laisse imaginer qui aura le meilleur score aux prochaines élections.

Mario Draghi œuvre pour M. Affairiste.

Qu’a-t-il fait ?

  1. Il a baissé le taux de refinancement (ou taux directeur). Ceci baisse le prix de l’argent  que les banques commerciales empruntent à la Banque centrale. Inversement, la Banque centrale punit les banques commerciales si elles veulent déposer de l’argent en leur appliquant dans ce cas un taux négatifs, c’est à dire en leur demandant de l’argent.
  2. Il va racheter des crédits titrisés que les banques conservent. Il s’agit de crédits subprime à l’européenne : des crédits pourris adossés à de l’immobilier, des prêts automobiles. La Banque centrale européenne se transforme en bad bank de l’Europe du Sud.

Les Allemands (qui préfèrent M. Austérité vu qu’ils ont déjà donné pour M. Populiste et qu’ils se sont serrés la ceinture pour leur réunification) toussent.

Du coup, M. Mario Draghi assure que tout ceci ne doit pas faire oublier les réformes.

Mais il va y avoir de l’eau dans le gaz dans l’Union européenne. Les Allemands ont toujours dit « on veut bien payer SI vous vous réformez sinon c’est nein ». Et certains sont à la traîne, les regards se tournent vers la France (et l’Italie) dans laquelle certains pensent « piquons plutôt le pognon des Allemands ce qui nous permettra de faire l’impasse sur les réformes vu que le modèle social français est intouchable ».

Economie : le gouvernement renonce à ses objectifs

Michel Sapin fait son coming out : la baisse des dépenses de 21 Mds€ prévue pour 2015 n’aura pas lieu.

Raison : la faible inflation.

Mmmmmmm… bizarre, bizarre. Vous aviez prévu d’économiser 21 € mais vous y renoncez parce que la hausse des prix est trop faible. Ça vous paraît logique ? Non, évidemment, c’est même aberrant, comme la plupart de ce qu’on nous raconte en matière économique, comme les taux d’intérêt négatifs, comme le fait de croire que qui consomme s’enrichit, etc.

En réalité, une faible inflation réduit les recettes fiscales. L’État encaisse moins d’impôts (vous comprenez mieux pourquoi « on » vous serine que la hausse des prix c’est bien) donc faire des économies quand en plus ses revenus baissent, c’est vraiment trop dur !

En réalité les « économies » promises n’en étaient pas.

Pourquoi la Finance prête pour rien à la France

Les Echos pensent avoir la réponse : il n’y a plus de risque d’éclatement de l’euro et M. Le Marché a peur de la déflation. Mais pourtant, une banque c’est un c’est un peu fait pour cela, pour garder de l’argent, non ?

Pas un mot sur le fait que si M. Le Marché ne veut pas laisser son argent dans les banques c’est que peut-être il pense qu’elles ne sont pas si saines qu’on veut bien le faire croire. À moins qu’il n’ait peur d’une petite entourloupe à l’espagnole. Rappelez-vous, en Espagne, le 13 juillet 2014 une taxe de 0,03% sur les dépôts bancaires a été décrétée avec effet rétroactif au 1° janvier 2014…

Nous ne vivons plus dans un  système capitaliste, des taux d’intérêts négatifs sont un défi au bon-sens.