Le trou de la Sécu : une voie d’eau propice au naufrage

Une combinaison toxique de dettes à un niveau record et de croissance molle laisse à penser que nous nous dirigeons vers une nouvelle crise.

C’est la substance du seizième rapport de Genève publié par le Centre for Economic Policy Research.

Comme vous le savez, depuis 2008, nous sommes dans une politique que les Anglo-Saxons appellent « extend and pretend » qui consiste à étendre les maturités de la dette ou plus exactement à gagner du temps en forçant les taux d’intérêt à la baisse et prétendre que payer les intérêts ne pose aucun problème.

Le volume de dette  est tel que le rendement des actifs est insuffisant pour rembourser l’intérêt de la dette contractée pour acquérir ces mêmes actifs. C’est ce que les économistes appellent le moment de Minsky.

La France décroche

L’euro baisse parce que la France décroche économiquement. L’écart de performance entre la France et la zone euro s’accroît, observe finement L’Agefi

Les journaux nous ressortent l’éternel couplet des charmes de la monnaie faible.  Ce charme existe, mais pas pour nous. L’attrait de la monnaie faible pour les élites gouvernantes c’est de pouvoir lever un impôt qui ne dit pas son nom sur le renchérissement des importations. Or nous importons plus que ce que nous exportons.

De toutes façons qu’attendre de commentateurs  qui ne savent que s’extasier sur des taux d’intérêt négatifs sans dénoncer que si certains sont prêts à payer pour prêter le système est tout simplement fou.

Pour aller trouver un peu de bon sens, il faut traverser la frontière et lire les propos de Wolfgang Schaüble. Le ministre allemand des finances a exprimé publiquement hier ses réticences concernant les manipulations monétaires de Mario Draghi et la confusion des genres puisque la Banque centrale européenne est censée à la fois piloter la politique monétaire et superviser les banques.

Il a ajouté « je ne suis pas particulièrement satisfait du débat entamé par la BCE sur l’achat de produits de titrisation ». En termes moins diplomatiques, il n’aime pas du tout. « Les 80 milliards d’euros du mécanisme de renflouement européen ne sont pas à la disposition de toutes les idées créatives. Ils constituent une provision pour assurer que la monnaie européenne reste stable et conserve la confiance des marchés financiers ». Pas touche à la cagnotte qui ne doit servir qu’en cas de coup dur. D’ailleurs, ce n’est pas du vrai argent, seulement une « capacité d’emprunts ». Par ailleurs, l’Allemagne, plus tournée vers l’Est que nous, s’inquiète de la faillite probable de l’Ukraine et de ses éventuelles retombées sur les banques autrichiennes et allemandes.

Plus notre pays s’enfonce, plus les dissensions vont se creuser entre une gestion à l’allemande et le « grand-n’importe-quoi » d’un gouvernement totalement dépassé par les évènements.

 

Bientôt, il ne nous restera plus que « l’impôt sur les os »

Trop de redistribution tue la redistribution

Dans un article publié dans le journal de référence Econometrica (« Income Maintenance and Labor Force Participation »), l’économiste mondialement reconnu de l’INSEE Guy Laroque a estimé en 2005 que les taux d’imposition en France sont tels que l’Etat « extrait déjà le montant maximum de recettes fiscales de la population.» Autrement dit, augmenter les taux d’imposition ne procurerait pas substantiellement plus de recettes fiscales et serait donc inefficient, quelles que soient les préférences sociales en matière de redistribution.

….

« A partir d’un certain stade, trop de redistribution tue la redistribution, et il semblerait que la France ait atteint ce stade. Cela pose un problème pour le gouvernement socialiste actuel, qui a affirmé vouloir redistribuer davantage ».

Michelin vendra moins de pneu que prévu

Les manœuvres des banques centrales et l’argent imprimé ne font pas le bonheur. Nous le savions cher lecteur mais d’autres commencent à le découvrir aussi.

L’Europe découvre que sa croissance est en panne. Cela en soi n’est pas très grave puisque ce qu’on appelle « croissance » n’est que l’augmentation du crédit et que justement il y en a trop. Mais ce qui a alarmé hier, ce sont les résultats des entreprises. La banque autrichienne Raffeisen, l’industriel britannique de l’agroalimentaire Tate & Lyle, les ventes de Michelin. Les commentaires montre que les nuages s’accumulent : effets des sanctions sur la Russie, ralentissement en Chine, au Brésil.

De plus en plus de dettes, de moins en moins de croissance et de moins en moins de monde pour payer les intérêts.

Les ingrédients de la faillite.

Source : peoples trust toronto

Les politiques des banques centrales (ZIRP, TARP, QE1, QE2, QE3, TWIST, LTRO, TLTRO, MTRO) ne conduisent finalement pas à augmenter les bénéfices des entreprises. Nous vivons dans un monde cruel… Pour gagner de l’argent, il faut pouvoir vendre des choses utiles (ou agréables) à des gens solvables (et il y en a de moins en moins).

Pour le moment, les gens continuent à penser que les banques centrales oeuvrent pour notre bien. En témoigne ce sous-titre des Echos « Derniers espoirs pour les marchés : la baisse de l’euro et le soutien apporté par la banque européenne ». Tant qu’il y a de l’espoir, il n’y a pas de krach.

Au secours ! Où est passée la croissance ?

La croissance qui devrait nous sauver n’est pas là. Mais elle reviendra, il suffit de faire des grands travaux, pensent l’Italie et la France. Nein, répond l’Allemagne pour qui des dépenses publiques n’ont jamais amené de croissance.

Voir la discussion sur BFM Jacques Sapir vs Cyrille Collet

Redistribuer la richesse ne la crée pas. L’État PREND pour DONNER et au passage il faut payer des fonctionnaires pour prendre (ceux du fisc par exemple) et des fonctionnaires pour donner (ceux de l’aménagement du territoire par exemple).

Redistribuer  la richesse permet rabote les inégalités mais n’enrichit pas.

Moody’s évite de dégrader la dette de la France

Petit répit sur la longue route vers la faillite. Finalement l’agence de notation Moody’s a indiqué qu’elle ne tirerait pas sur l’ambulance du malade France et maintient sa note de crédit.

« Les niveaux de popularité historiquement faibles du gouvernement reflètent les pressions auxquels il est soumis », estime l’agence qui semble croire que le peuple français met ainsi l’épée dans les reins du gouvernement pour les fameuses réformes. Par ailleurs, Moody’s estime que le fardeau de la dette est soutenable.

Les agences de notation s’étaient révélées inefficaces en 2007-2008 en continuant à accorder de bonnes notes à des produits structurés quelques mois avant leur effondrement.

Le fardeau de la dette n’est soutenable que parce que les taux d’intérêt sont manipulés à la baisse et que l’Allemagne consent aux manœuvres de Mario Draghi qui consistent à transformer la Banque centrale européenne en bad bank de toutes les créances pourries des banques commerciales.

S’endetter ne coûte pas cher, profitons-en !

Nous sommes donc toujours bien engagé sur la douce voie de la faillite. Le Président ne luttera plus contre les déficits, la compétitivité d’abord.

On ne sait pas trop ce que c’est que la compétitivité dans un pays dont 57% du PIB tourne avec le secteur public. Curieusement, plus ce pourcentage augmente plus la « compétitivité » baisse. Probablement que ce n’est « pas facile » à faire comprendre à des énarques et des élus majoritairement fonctionnaires…

On ne luttera même pas contre les déficits par une hausse de TVA.

Terminé sur ce non-sujet.

S’endetter ne coûte pas cher, profitons-en !

Nous sommes donc toujours bien engagé sur la douce voie de la faillite. Le Président ne luttera plus contre les déficits, la compétitivité d’abord.

On ne sait pas trop ce que c’est que la compétitivité dans un pays dont 57% du PIB tourne avec le secteur public. Curieusement, plus ce pourcentage augmente plus la « compétitivité » baisse. Probablement que ce n’est « pas facile » à faire comprendre à des énarques et des élus majoritairement fonctionnaires…

On ne luttera même pas contre les déficits par une hausse de TVA.

Terminé sur ce non-sujet.

Rumeur de dégradation de la note française

La route de la faillite est longue, large et en pente douce.

L’agence de notation Moody’s a averti qu’elle allait dégrader la note de la France vendredi 19 septembre après la fermeture des marchés (faisant suite à Standard & Poor’s).

Le gouvernement nie avoir reçu toute information.

Est-ce grave ? À ce stade pas encore. Tant que la dette française est acceptable par les « zinzins » (les investisseurs institutionnels, assureurs et fonds de pension) cela ne change pas grand-chose. Or la note AA ou Aa2 est toujours zinzin-compatible.

Cependant cela peut exciter les spéculateurs, les grandes dents de la Finance Sans Visage qui n’ont pas peur des Sans-Dents.

Pour le moment, les rendements des obligations françaises à 10 ans ne s’envolent pas.

http://www.bloomberg.com/quote/GFRN10:IND

Le rendement, c’est le taux sur  le marché secondaire (le marché de l’occasion). Reste maintenant à savoir comment se passera la prochaine émission obligataire du jeudi 2 octobre.