Socialisme français contre socialisme allemand : un demi-siècle de retard

« Autant de marché que possible, autant  d’État que nécessaire » Le parti socialiste allemand a viré sa cuti il y a très longtemps en adoptant la devise au congrès de Bad Godesberg. Le débat sur le bien fondé des investissements publics est tranché depuis longtemps. Les investissements publics n’apportent aucune richesse supplémentaire, ils ne sont la solution à rien.

« Berlin a toujours refusé de dévier de sa ligne, ne jurant que par « l’investissement privé », et entendait favoriser, grâce à ses finances assainies, de « meilleures conditions d’investissement au niveau national et en Europe », selon le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble » souligne Les Echos.

Verstanden, François ? Ach, nein

Kaput

Euro-zizanie sur fond de croissance … de la dette

Le budget 2015, suite…

Le discours se dégrade nettement. Le budget de la France est une insulte à l’Allemagne et à tous les pays qui ont fait des efforts pour éviter de distribuer des prestations sociales à crédit : Irlande, Grèce, Espagne, Portugal. L’exaspération monte à l’étranger.

La Commission européenne va dire tout le mal qu’elle en pense mais elle est coincée pour appliquer ce qui est prévu (et qui était idiot), à savoir des amendes car les montants s’ajouteront aux déficits de la cigale française et ne feront qu’aggraver la situation.

La Bundesbank dit tout le mal qu’elle pense des agissements de la Banque centrale européenne et de ses rachats obligataires mais elle est coincée car mettre en danger l’euro c’est exposer Deutsche Bank et Commerz Bank des monstres bancaires dont la chute serait un Lehman Brothers bis. La Bundesbank reste opposée à toute relance par la dette contrairement à l’indécrottable FMI.

Ce dernier monte au créneau pour réclamer plus de routes, de ponts, de grands travaux financés par l’emprunt à bas coût. C’est exactement la méthode japonaise qui a prouvé son inefficacité mais cela ne dérange pas les keynésiens du FMI. En outre, ce sont des fonctionnaires internationaux qui, à ce titre, ne paye pas d’impôt donc sont insensibles au gonflement des dettes publiques.

L’instabilité augmente sur les marchés, la « croissance » cale, le doute politique s’instille.  Allemands et Français se sentent, pour des raisons opposées, piégés dans l’euro pour le pire et non plus pour le meilleur.

La BCE sauve encore les banques

Hier Mario Draghi, tout puissant banquier central, a parlé.

Il a dit qu’il rachèterait aux banques des bouts de papier et qu’en échange, il leur donnerait de l’argent frais. Ce n’est que de la création monétaire potentielle : en effet cet argent frais ne se matérialise dans l’économie que si les banques prêtent mais les entreprises et les ménages ne veulent plus s’endetter.

La création monétaire immédiate se produira lorsque Mario achètera aux banques des bouts de papier qui sont de la dette d’État et leur donnera en échange de l’argent frais. Car les États, eux, sont toujours friands de dettes. Dans ce cas, l’argent frais se matérialise sous forme de prestations sociales et de redistributions et peu importe ce que font ensuite les banques.

M. Le Marché espérait que Mario allait plonger pour cette solution. Il a été déçu. Les bourses européennes ont fortement chuté et les actions des pays périphériques plus que les actions allemandes ou françaises.

Le budget de la honte et de la lâcheté

Le budget 2015 est sorti et nous fait descendre un peu plus sur le chemin de la faillite au bout de laquelle nous attend la soupe populaire.

239 pages que vous pouvez télécharger ici pour présenter des « économies » qui n’en sont pas, des chiffres qui comme d’habitude ne seront pas atteint, des hypothèses qui comme d’habitude ne se matérialiseront pas.

La lâcheté est présente du côté des recettes, avec la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu, histoire de multiplier ceux qui ne se sentent (à tort) pas concernés par les taxes. Un petit 3,3 Mds€ de recettes en moins dans l’océan de 75,7 Mds€ de déficit prévu.

La lâcheté redouble du côté des dépenses. Le gouvernement a pré-vendu à Bruxelles 21 Mds€ d’économie. On nous présente des gadgets : la profession des réformes réglementées, le travail dominical, un petit coup de matraque discret sur la politique familiale. Mais surtout rien qui puisse fâcher le bataillon de l’électorat de base. Pas un poil d’épilation de mammouth, aucune réforme de statut de la fonction publique, aucun colmatage pour le trou de la Sécu et surtout pas de mise en concurrence. Quant à l’intérêt de la dette – la charge – le budget 2015 prévoit 46,7 Mds€ contre 45 Mds€ en 2014. Michel Sapin croit au Père Noël et que les taux bas le resteront éternellement. L’Allemagne paiera puisque nous sommes « trop gros pour faire faillite ».

Ne croyez cependant pas que la lâcheté soit le privilège de ce gouvernement, l’opposition n’est pas en reste. François Fillon nous indique « La France est à la veille d’un incident financier grave ». Certes et que propose-t-il ? 110 Mds€ d’économie en cinq ans « Ce sera l’effort le plus important jamais fourni. Pas pour remettre en cause notre modèle, mais pour le sauver ».

Grave erreur. Notre modèle ne doit pas être sauvé, il n’est envié ni copié par personne. La Suède a supprimé le statut de fonctionnaire à vie. Le modèle social français repose sur une vision collectiviste et dépassée de l’économie. Redistribuer de la richesse ne la crée pas, faire des ponts et des routes avec des impôts ne donne pas de croissance. Les Japonais le savent depuis plus de vingt ans.

Mais qu’attendre d’une classe politique corrompue, sclérosée, minée par les scandales, composée majoritairement de fonctionnaires qui n’ont jamais été soumis à la concurrence, à ceux qui ont prouvé leur incompétence et de déficit en déficit nous conduisent à la soupe populaire ?  Rien si ce n’est toujours plus d’impôts, plus de taxes, plus de chômage, plus d’appauvrissement.

L’Allemagne grince des dents. Dans la presse anglo-saxonne on commente sans critiquer.

Les taux ne montent pas encore. Tout va bien. Rentier drogué à la redistribution étatique, vous serez euthanasié ainsi que le prévoyait Keynes mais il n’y aura pas de séquelle.

Signal d’alarme pour la dette publique française

Le journal Suisse Le Temps s’alarme d’une possible faillite de la France en cas de hausse des taux d’intérêt.

Il suggère timidement l’idée d’une « règle d’or » = l’État s’engage à ne pas dépenser plus que ce qu’il lève comme impôt.

Ils sont rigolos, ces Suisses. En plus, le 30 novembre ils voteront pour savoir s’ils vont rapatrier leur or. Se méfieraient-ils de l’euro ?

Le trou de la Sécu : une voie d’eau propice au naufrage

Une combinaison toxique de dettes à un niveau record et de croissance molle laisse à penser que nous nous dirigeons vers une nouvelle crise.

C’est la substance du seizième rapport de Genève publié par le Centre for Economic Policy Research.

Comme vous le savez, depuis 2008, nous sommes dans une politique que les Anglo-Saxons appellent « extend and pretend » qui consiste à étendre les maturités de la dette ou plus exactement à gagner du temps en forçant les taux d’intérêt à la baisse et prétendre que payer les intérêts ne pose aucun problème.

Le volume de dette  est tel que le rendement des actifs est insuffisant pour rembourser l’intérêt de la dette contractée pour acquérir ces mêmes actifs. C’est ce que les économistes appellent le moment de Minsky.

La France décroche

L’euro baisse parce que la France décroche économiquement. L’écart de performance entre la France et la zone euro s’accroît, observe finement L’Agefi

Les journaux nous ressortent l’éternel couplet des charmes de la monnaie faible.  Ce charme existe, mais pas pour nous. L’attrait de la monnaie faible pour les élites gouvernantes c’est de pouvoir lever un impôt qui ne dit pas son nom sur le renchérissement des importations. Or nous importons plus que ce que nous exportons.

De toutes façons qu’attendre de commentateurs  qui ne savent que s’extasier sur des taux d’intérêt négatifs sans dénoncer que si certains sont prêts à payer pour prêter le système est tout simplement fou.

Pour aller trouver un peu de bon sens, il faut traverser la frontière et lire les propos de Wolfgang Schaüble. Le ministre allemand des finances a exprimé publiquement hier ses réticences concernant les manipulations monétaires de Mario Draghi et la confusion des genres puisque la Banque centrale européenne est censée à la fois piloter la politique monétaire et superviser les banques.

Il a ajouté « je ne suis pas particulièrement satisfait du débat entamé par la BCE sur l’achat de produits de titrisation ». En termes moins diplomatiques, il n’aime pas du tout. « Les 80 milliards d’euros du mécanisme de renflouement européen ne sont pas à la disposition de toutes les idées créatives. Ils constituent une provision pour assurer que la monnaie européenne reste stable et conserve la confiance des marchés financiers ». Pas touche à la cagnotte qui ne doit servir qu’en cas de coup dur. D’ailleurs, ce n’est pas du vrai argent, seulement une « capacité d’emprunts ». Par ailleurs, l’Allemagne, plus tournée vers l’Est que nous, s’inquiète de la faillite probable de l’Ukraine et de ses éventuelles retombées sur les banques autrichiennes et allemandes.

Plus notre pays s’enfonce, plus les dissensions vont se creuser entre une gestion à l’allemande et le « grand-n’importe-quoi » d’un gouvernement totalement dépassé par les évènements.

 

Bientôt, il ne nous restera plus que « l’impôt sur les os »

Trop de redistribution tue la redistribution

Dans un article publié dans le journal de référence Econometrica (« Income Maintenance and Labor Force Participation »), l’économiste mondialement reconnu de l’INSEE Guy Laroque a estimé en 2005 que les taux d’imposition en France sont tels que l’Etat « extrait déjà le montant maximum de recettes fiscales de la population.» Autrement dit, augmenter les taux d’imposition ne procurerait pas substantiellement plus de recettes fiscales et serait donc inefficient, quelles que soient les préférences sociales en matière de redistribution.

….

« A partir d’un certain stade, trop de redistribution tue la redistribution, et il semblerait que la France ait atteint ce stade. Cela pose un problème pour le gouvernement socialiste actuel, qui a affirmé vouloir redistribuer davantage ».

Michelin vendra moins de pneu que prévu

Les manœuvres des banques centrales et l’argent imprimé ne font pas le bonheur. Nous le savions cher lecteur mais d’autres commencent à le découvrir aussi.

L’Europe découvre que sa croissance est en panne. Cela en soi n’est pas très grave puisque ce qu’on appelle « croissance » n’est que l’augmentation du crédit et que justement il y en a trop. Mais ce qui a alarmé hier, ce sont les résultats des entreprises. La banque autrichienne Raffeisen, l’industriel britannique de l’agroalimentaire Tate & Lyle, les ventes de Michelin. Les commentaires montre que les nuages s’accumulent : effets des sanctions sur la Russie, ralentissement en Chine, au Brésil.

De plus en plus de dettes, de moins en moins de croissance et de moins en moins de monde pour payer les intérêts.

Les ingrédients de la faillite.

Source : peoples trust toronto

Les politiques des banques centrales (ZIRP, TARP, QE1, QE2, QE3, TWIST, LTRO, TLTRO, MTRO) ne conduisent finalement pas à augmenter les bénéfices des entreprises. Nous vivons dans un monde cruel… Pour gagner de l’argent, il faut pouvoir vendre des choses utiles (ou agréables) à des gens solvables (et il y en a de moins en moins).

Pour le moment, les gens continuent à penser que les banques centrales oeuvrent pour notre bien. En témoigne ce sous-titre des Echos « Derniers espoirs pour les marchés : la baisse de l’euro et le soutien apporté par la banque européenne ». Tant qu’il y a de l’espoir, il n’y a pas de krach.